Our Body Avis critique du film & résumé du film (2023)

Et puis, dans un film de style Frederick Wiseman « fly-on-the-wall », Simon nous emmène dans les moments les plus intimes, terrifiants et parfois joyeux auxquels sont confrontés les personnes qui viennent à l’hôpital. Mais contrairement à Wiseman, dont les films se concentrent sur les institutions et la bureaucratie, l’accent est mis ici sur la vie des patients et leurs interactions avec des professionnels de la santé très patients, sympathiques et compétents. Nous voyons très peu la vie de ces professionnels. Il n’y a que deux scènes sans aucun patient. L’un est une discussion clinique très professionnelle sur les plans de soins et les pronostics. L’autre est une scène vraiment étonnante de médecins dans un laboratoire, joignant soigneusement un ovule et du sperme pour un couple qui a besoin d’aide pour tomber enceinte.

Même avec une durée de près de trois heures, ce n’est pas le genre de film où les experts interviennent avec des faits sur la politique de santé ou sur des maladies ou des traitements particuliers. Et ce n’est pas le genre de film où l’on voit ce qui arrive aux patients qu’on observe avec leurs soignants. Chaque scène n’est qu’une tuile de la mosaïque, et non une partie d’un arc de scénario linéaire. Très occasionnellement, nous entendons Simon poser une question hors caméra, et parfois il y a un léger filet de musique sur la bande sonore. Mais la majeure partie du film est une conversation calme, ponctuée uniquement par les sons de l’hôpital qui résonnent dans les couloirs et les salles d’examen.

Les Américains seront particulièrement intéressés de voir que les patients ne se sentent jamais bousculés. Personne ne s’inquiète de l’assurance ou de Medicaid ou de remplir des formulaires ou de ne pas pouvoir payer les soins. Alors que tous les soignants que nous voyons sont compatissants et professionnels, à un moment donné, il y a un rassemblement de protestation devant l’hôpital, avec des patients en colère qui se plaignent d’abus.

A l’intérieur, une adolescente veut interrompre sa grossesse. Une femme enceinte atteinte d’un cancer veut pouvoir accoucher. Des scènes d’opération (parfois graphiques) nous montrent comment les professionnels de la santé travaillent en équipe. Un homme trans doit attendre 11 mois, jusqu’à ce qu’il ait 18 ans, pour consentir au traitement médical que son père n’approuvera pas. Les médecins trouvent un moyen de communiquer avec les patients qui ont de la difficulté à comprendre les implications de leurs problèmes médicaux et à évaluer les options qu’ils doivent envisager. Certains d’entre eux ne sont pas de langue maternelle française. Dans un cas, ils passent un iPhone dans les deux sens pour traduire. Une femme trans plus âgée apprend qu’elle doit vivre sa propre version de la ménopause. Il est temps d’arrêter de prendre les œstrogènes qui ont été à la base de sa transition. Un médecin indique les endroits de son propre corps pour aider le patient à comprendre. Un autre médecin utilise des mots doux mais vagues. « Parfois, la maladie peut vaincre la bravoure et vaincre la médecine. » Ses mots ne sont peut-être pas clairs, mais la façon dont elle saisit la main du patient nous dit ce qu’elle veut dire.

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