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Between Two Worlds Avis critique du film (2023)

Mais Marianne a un secret. C’est en fait une journaliste travaillant sous couverture. Elle a entendu parler de la « crise » du chômage, de la population « invisible » de personnes qui luttent dans ces emplois précaires sans stabilité. Elle veut le rendre réel pour elle-même; elle veut non seulement le voir de ses propres yeux, mais en faire l’expérience. Elle veut écrire un livre sur son temps avec ces « femmes de ménage ».

Réalisé par Emmanuel Carrère et basé sur le livre de Florence Aubenas de 2011 Le quai de Ouistreham, son reportage sur les ferry-boats à Caen, « Between Two Worlds » se situe entre deux sujets : il y a les ferry-boats eux-mêmes, un groupe tapageur fascinant, et l’angoisse intime de Marianne à l’idée de leur mentir. Le conflit est inévitable : Marianne fait le travail comme tout le monde mais peut s’arrêter à tout moment. Elle a une vie à Paris et un contrat de livre. Alors même si ses bras tremblent après avoir fait 230 lits et qu’elle est aussi épuisée physiquement que ses collègues, elle n’est encore qu’une touriste. Les gens qu’elle rencontre n’ont pas d’échappatoire. La douleur et le stress de Marianne à l’idée de vivre sous couverture ne peuvent que souligner son privilège. Les travailleurs qu’elle rencontre sont bien plus intéressants qu’elle.

« Between Two Worlds » aborde l’inégalité et la condescendance inhérentes à la quête de Marianne pour voir « l’invisible ». Une assistante sociale du bureau de l’emploi reconnaît Marianne comme une auteure célèbre et lui demande ce qu’elle pense faire, essayer d’être une femme de ménage. Marianne n’a-t-elle pas pensé qu’elle prendrait un emploi à quelqu’un qui en avait vraiment besoin ? Marianne espère, faiblement, que cela vaudra la peine de dénoncer des conditions de travail injustes et inhumaines, etc. Mais les questions qui lui sont posées au bureau de l’emploi persistent tout du long. Le film a indéniablement de bonnes intentions. Il aspire à une réalité à la Ken Loach et y parvient parfois. Juliette Binoche est la seule star. Le reste des personnages du film (à l’exception d’un) sont tous tirés de la vraie vie sans autre générique. Cela met en évidence la « différence » de Marianne, qui fait partie du groupe mais qui en est en quelque sorte séparée.

L’excellente Hélène Lambert incarne Chrystèle, une mère célibataire dont la seule option est le métier de passeur. Elle veut économiser son argent pour obtenir plus de tatouages. Elle doit marcher pour se rendre au travail, et donc Marianne, qui a une voiture (ce qui lui a été donné, de manière improbable, par une autre femme de ménage qui connaît quelqu’un avec une voiture cabossée qu’elle est prête à transmettre gratuitement à Marianne) , propose de conduire Chrystèle vers et depuis le travail. Une amitié étrange et significative s’épanouit, bien que vous puissiez voir Marianne évaluer Chrystèle comme un « sujet » potentiel pour son livre. Chrystèle est un grand personnage. Elle est dure et capable mais aussi fragile et ouverte, des qualités qu’elle a cherché à dissimuler pour faire face à ses défis. Marianne l’aide à prendre un peu de temps pour se détendre, se détendre. L’ouverture de Chrystèle à cette nouvelle amitié est périlleuse. Vous vous demandez : comment réagira-t-elle lorsque la vérité sera révélée ? Parce qu’il faut le révéler !

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