Faith in Life: Jane Birkin (1946-2023) | Tributes
C’est au cours de cette décennie qu’elle a cimenté son héritage en matière de mode lorsque Jean-Louis Dumas, directeur général d’Hermès, a créé le sac Hermès Birkin, désormais très recherché, en remplacement du panier de paille emblématique qu’elle portait depuis les années 1960, après avoir été détruit lorsque Doillon a renversé sa voiture dessus.
C’est aussi à cette époque qu’elle a commencé à travailler avec des réalisateurs comme Varda, James Ivory, Jacques Rivette, Alain Resnais et Jean-Luc Godard, tout en repoussant ses propres limites artistiques.
Inspirée par la mort de Gainsbourg et de son propre père au début des années 1990, Birkin a écrit un scénario, détaillant sa vie compliquée de mère de trois filles avec trois hommes différents, et le lien persistant qu’elle entretient avec son propre père. Une décennie plus tard, c’est devenu son premier film en tant que réalisatrice en 2007 « Les Boites » ou « Boxes », avec Natacha Régnier, sa fille Lou Doillon et Adèle Exarchopoulos.
Le film semi-autobiographique de Birkin a le même style lâche et aéré que le film provocateur de Varda de 1987 « Kung-Fu Master! » dans lequel Birkin joue une femme divorcée qui se retrouve attirée par un garçon de 14 ans, joué par le fils de Varda, Mathieu Demy, perturbant la vie de ses filles, jouées par les vraies filles de Birkin, Charlotte et Lou.

« Boxes » explore un territoire tout aussi épineux. Racontés à travers le prisme du chagrin, du regret et de la réflexion, les personnages vivants interagissent avec les morts ; Anna de Birkin a une relation joviale avec le fantôme de son père (Michel Piccoli), tandis que sa deuxième fille Camille (dans un méta-casting joué par sa plus jeune fille) a une relation inconfortablement proche avec le fantôme de son père (Maurice Bénichou). Le film est parfois un peu trop lourd, mais c’est aussi un exorcisme profondément personnel, courageux et brut des démons personnels de Birkin.
Vers la fin de «Jane par Charlotte», la voix de Gainsbourg raconte alors qu’elle et Birkin partagent une étreinte au bord d’une mer rugissante, en disant: «J’aimerais être comme vous, car avoir foi en la vie semble être votre philosophie. A vivre sans méfiance. Croire en l’humanité, aux gens. Être curieux de tout, proche de tout, de tout le monde sans filtres.
Alors que Birkin l’icône est une projection, un fantôme qui appartient au public, Birkin la femme, Birkin l’artiste n’appartenaient qu’à elle-même et à ses filles. L’héritage qu’elle a en eux et l’œuvre qu’elle a laissée sont aussi uniques, contradictoires et incomparables qu’elle l’était.







