Avis sur « Frybread Face and Me » : Un regard critique sur le film (2023)
Sommaire
La rencontre de Benny avec Frybread Face
Benny, se sentant isolé et étranger, trouve un réconfort inattendu en la personne de sa cousine Dawn, surnommée Frybread Face en raison de sa silhouette. Au départ, leur relation est teintée de friction : Frybread Face perçoit Benny comme incompétent, ignorant des pratiques d’élevage des moutons et ignorant la langue Navajo. Toutefois, au fil du temps, ces deux exclus développent une connexion tendre, presque tacite, leur permettant d’exprimer pleinement leur authenticité en présence l’un de l’autre.
Exploration subtile de l’identité LGBTQ+
Une subtile exploration de l’identité LGBTQ+ traverse le récit de « Frybread Face and Me ». Le scénario de Billy Luther met en lumière les difficultés de l’adolescent Benny à répondre aux attentes conventionnelles de masculinité chez les Diné. Une scène les mettant en scène, Frybread et Benny dansant vêtus de tenues traditionnelles féminines Diné, souligne cette thématique. Toutefois, le film n’insiste jamais sur les détails de l’identité en évolution de Benny, lui laissant l’espace nécessaire pour explorer ses sentiments par lui-même.
Narration subtile et révélatrice
La narration subtile de ce film confère une signification profonde à de simples instants. Les références temporelles, telles que le film préféré de la grand-mère Lorraine, « Starman » avec Jeff Bridges, ou l’affiche de « Gorillas in the Mist » dans la chambre de Benny, évoquent la série semi-autobiographique d’Eddie Huang « Fresh Off the Boat ». Cette série mêlait également l’Americana des années 80 et 90 à une dynamique familiale culturellement spécifique. Par ailleurs, l’humour doux et ironique du film rappelle le travail du producteur exécutif Taika Waititi, l’un des cinéastes autochtones les plus renommés de notre époque.
Figure de l’art et de la terre Diné
Les personnages secondaires, composés d’un groupe rotatif de tantes excentriques et d’oncles virils, apportent charme et légèreté au récit. Cependant, les scènes les plus émouvantes de « Frybread Face and Me » se déroulent dans la quiétude : une séquence presque muette où Lorraine, Frybread et Benny se rendent dans le camion de la grand-mère pour vendre les tissages de celle-ci à une boutique de cadeaux destinée aux touristes blancs. Cette scène témoigne de la relation profonde du peuple Diné avec la terre, son histoire et les luttes cycliques qui les maintiennent en marge. Natani, interprétant son premier rôle au cinéma, est dans la vie réelle une tisserande Navajo accomplie, conférant ainsi une authentique dimension spirituelle à l’art du tissage, enseigné par Lorraine à ses petits-enfants au travers de scènes empreintes de signification.






