Revue « Aquaman et le royaume perdu »: le DCEU se met à plat ventre avec un
Une conclusion déconcertante à l’épopée sous-marine
La saga impétueuse d’Aquaman touche à sa fin, laissant derrière elle un tourbillon d’émotions mitigées. « Aquaman et le Royaume Perdu » se profile comme le chant du cygne du DCEU, après une décennie de hauts et de bas cinématographiques, offrant une conclusion qui ne manquera pas de marquer les esprits pour des raisons peu enviables.
Le film souffre d’une confusion scénaristique criante, se contentant de recycler la trame de son prédécesseur sans véritable innovation. L’indécision narrative se manifeste dans l’échange hasardeux de rôles entre antagonistes et dans un personnage secondaire si mal intégré qu’il perturbe l’ensemble de l’œuvre. S’y ajoutent une esthétique visuelle surchargée, des dialogues peu inspirés et une histoire qui peine à convaincre.
Contrairement au premier opus – qui, bien que loin d’être un chef-d’œuvre, s’appuyait sur le charme de son duo vedette Jason Momoa et Amber Heard –, ce second volet délaisse l’équilibre établi au profit d’une aventure égarée dans ses propres méandres. La dynamique entre les personnages s’en trouve altérée, traduisant un recul narratif et une certaine perte de substance.
Le scénario semble rejouer la même partition avec une légère dissonance : Aquaman doit de nouveau traverser une série d’épreuves extravagantes pour contrecarrer les plans destructeurs d’un nouveau néfaste. Le brio de l’histoire originelle se dissout dans un va-et-vient redondant entre des lieux excentriques, où des alliances prévisibles prennent forme et se répètent avec lassitude.
Le traitement de Mera dans cette suite fait figure de régression : l’héroïne robuste et charismatique se mue en figure maternelle effacée, cantonnée aux marges de l’action. Son rôle semblant tronqué post-production ou victime d’un script sous-développé, sa présence n’est plus que l’ombre de son engagement passé.
Depuis sa dernière apparition, Aquaman a bien accédé au trône, mais son goût pour l’action et le spectaculaire semble avoir pris le pas sur les affaires du royaume. Des événements aussi triviaux que la joie parentale se retrouvent étrangement mis en avant, déconnectés de l’intrigue centrale, témoignage d’un récit qui, par moments, perd le fil de sa propre narration.
Les choix d’Aquaman en tant que monarque soulèvent des interrogations, notamment lorsqu’il bafoue l’éthique démocratique pour suivre ses convictions. La libération de son frère Orm, bien que controversée, est présentée comme une nécessité héroïque, mais elle interroge sur la perception de la justice et du pouvoir dans le regard du film.
La menace incarnée par Black Manta revisite les enjeux du changement climatique à travers un prisme fantastique, sans toutefois apporter de réflexion pertinente sur cette réalité bien terrestre. Le film flirte avec des métaphores environnementales sans s’ancrer dans une véritable critique ou proposition.
James Wan, connu pour son inventivité dans divers genres cinématographiques, parvient occasionnellement à insuffler une créativité visuelle et un bestiaire surprenant. Cependant, les écueils du scénario, la surcharge d’effets spéciaux et un montage heurté entravent l’intérêt que l’on pourrait porter à ces éclairs de génie.
« Aquaman et le Royaume Perdu » ne restera pas dans les annales comme le pire volet du DCEU, mais cela ne le sauve pas d’un constat mitigé. Son ultime séquence, sans rien révéler, clôt l’aventure de manière audacieuse. Un choix narratif final à la fois bold et emblématique de la direction prise par la franchise, invitant à une réflexion post-visionnage.







