The Return of 70MM | Features
La projection en 70 mm de « Napoléon » au Coolidge Corner Theatre de Brookline, Massachusetts, a suscité une véritable effervescence, marquant un nouvel intérêt pour ce format d’exception. Mark E. Anastasio, responsable de la programmation spéciale, a noté une forte affluence, particulièrement lors des séances en soirée. Les spectateurs sont majoritairement des cinéphiles avertis, principalement des hommes d’un certain âge qui apprécient la nuance qualitative du 70 mm. La différence avec le format standard de 35 mm a même été illustrée au niveau de leur billetterie, éduquant le public sur le sujet.
Des réalisateurs tels que Christopher Nolan et Quentin Tarantino ne sont pas les seuls à avoir embrassé la magie du 70 mm pour leurs productions. Ces dernières années, des hommages au Hollywood classique comme « Babylon » de Damien Chazelle et « Nope » de Jordan Peele ont également été projetés dans ce format prestigieux. D’autres grands noms du cinéma contemporain tels que Steven Spielberg, Alfonso Cuaron, Todd Phillips et Patty Jenkins ont eux aussi choisi d’adopter le 70 mm pour valoriser leurs œuvres cinématographiques.
Ce regain d’intérêt pour le 70 mm ne date pas d’hier. Effectivement, le tournant majeur remonte à 2012 lorsque Paul Thomas Anderson a choisi de filmer « The Master » en pellicule 65 mm, permettant ainsi sa projection en 70 mm. C’est Erik Lomis, qui nous a malheureusement quittés plus tôt dans l’année, qui a été convaincu par Anderson de l’importance de cette démarche. Anderson, quant à lui, a continué à embrasser le format, ressuscitant même un classique de son répertoire, « Boogie Nights », pour des projections spéciales en 70 mm.
Grant Moninger, directeur artistique du réseau de cinémas American Cinematheque à Los Angeles, est un fervent défenseur du 70 mm et reconnaît l’impact qu’a eu la démarche d’Anderson sur la renaissance de ce format. Il rappelle que depuis des films comme « Hamlet » de Kenneth Branagh ou « Malcolm X » de Spike Lee, le 70 mm avait été quelque peu délaissé, et c’est grâce aux efforts d’Anderson et Lomis que le public a de nouveau ses yeux tournés vers le charme presque oublié du grand format.







