Revue de la partie 2 de la saison 6 de « The Crown » : le drame de Netflix s'ébranle

Revue de la partie 2 de la saison 6 de « The Crown » : le drame de Netflix s’ébranle


Derniers frémissements pour la couronne britannique

De son discours inaugural laissant présager une ère Diana pleine de subtilités, « The Crown » tremble sur ses fondements alors qu’elle tente de se hisser à travers les turbulences des années 90. Netflix avait soulevé l’encre et les passions avec son drame monarque signé Peter Morgan, qui voit son récit se heurter à la contemporanéité croissante des événements relatés. La difficulté de romancer des figures historiques encore présentes dans la mémoire collective semble croître au fil des saisons, et cette ultime partie ne déroge pas à la règle, traçant le sillage d’une série visiblement affaiblie par le temps.

L’après-Diana marque un chapitre délicat pour les Windsor qui avancent, le prince William s’éveillant à l’âge homme sous les regards inquisiteurs d’une nation en deuil. La classe moyenne britannique se voit représentée par l’émergente Kate Middleton, étudiante à l’Université St. Andrew’s, qui croise le chemin du futur héritier. Ces instants, sculptés par les mains du temps réel pour nombre de spectateurs, incarnent des figures polarisantes, épiées par des yeux tantôt admiratifs, tantôt critiques.

Au-delà de l’an 2000 : La monarchie face à la modernité

La plongée dans la timide intrigue des derniers épisodes laisse entrevoir une série qui se maintient dans une sécurisante répétition de thèmes déjà explorés. L’ancienne garde, représentée par des icônes telles que la reine, le prince Philip et la princesse Margaret, semble reléguée à un rôle de choeur narratif, tandis que le règne de La Couronne s’achemine vers une routine monarchique bien rôdée. Chaque Premier ministre introduit un cycle familier qui se retrouve dans la préoccupation de la Reine sur la fluctuation de sa popularité.

William et Harry se partagent l’écran, mais c’est le premier qui monopolise l’attention, perçu tantôt comme une rock star adulée par ses groupies, tantôt comme une victime désolée de l’appétit dévorant de l’opinion publique. Ce portrait d’une royauté astreinte à l’œil du cyclone médiatique est dessiné de manière simpliste, manquant cruellement d’une substance nécessaire à forger un drame digne de sa lignée.

Le dénouement discret d’une série jadis majestueuse

« The Crown » a souvent été décrit comme un hommage bienveillant à la Maison Windsor, malgré les controverses et les scandales qui ont sillonné son histoire. Morgan a évité de s’immiscer dans les recoins sombres de cette institution, préférant maintenir un voile de dignité souvent à l’avantage de ses sujets. Cependant, une distance certaine avec les faits aurait peut-être offert une marge de manoeuvre narrative plus audacieuse, qui manque cruellement dans cette saison finissante.

La conclusion de cette épopée télévisuelle pourrait bien faire couler quelques larmes, mais l’adrénaline qui animait autrefois le coeur de « The Crown » semble s’être dissipée en un soupir. Avec le terme annoncé de cette saga royale, s’étale le sentiment d’une hâte à clore le chapitre, d’un devoir scolaire expédié sans la passion des premiers récits.

C’est ainsi, en jouant sur le terrain de la prudence, que la couronne perd de son éclat, et « The Crown » de son essence. La saison 6, partie 2, bien que disponible sur la plateforme de streaming Netflix, marque une fin moins que royale pour une série qui a régné en maître sur le petit écran.

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