Playground Avis critique du film & résumé du film (2022)

En effet, il semble approprié que le titre français original du film, « Un monde », se traduise par « Un monde », puisque c’est précisément ce que Wandel ouvre, un retour à une étape de la vie que beaucoup d’entre nous ont peut-être reléguée au fond de nos mémoires. . Comme si elle était rétrécie et replacée dans ses jours élémentaires, la caméra reste à la hauteur des enfants. Les adultes n’entrent dans le cadre que sous la forme de torses et de jambes, à moins qu’ils ne se baissent au niveau des yeux des élèves.

Notre point de vue correspond à celui de la timide Nora (Maya Vanderbeque), une fillette de sept ans qui lutte pour s’acclimater à son nouvel environnement de stimulation sensorielle extrême et de socialisation excessive. Alors qu’elle essaie lentement de se faire des amis, elle remarque que son frère Abel (Günter Duret), quelques grades au-dessus d’elle, subit un violent harcèlement de la part de garçons plus âgés. Il ne se défend pas et ne veut pas non plus informer leur père des mauvais traitements en cours, extrêmement dangereux.

Wandel dépeint la cruauté dont les gens sont capables même à cet âge tendre avec une franchise visuelle sans faille. Pourtant, le chagrin le plus profond ne vient pas de l’abus lui-même, mais de la façon dont l’inaction d’Abel à son égard et sa transition éventuelle pour devenir l’agresseur redéfinissent la dynamique des frères et sœurs. La honte et la frustration remplissent une mer entre eux.

Le sens aigu de la justice de Nora, toujours juste compte tenu de son inexpérience avec l’injustice de l’existence, l’empêche de comprendre le désespoir d’Abel de s’adapter, de ne pas céder à ce qui serait perçu comme une faiblesse. Mais elle n’est évidemment pas à l’abri de ce désir d’appartenance, et lorsqu’une invitation à la fête d’anniversaire d’un camarade de classe est révoquée par malveillance, sa réaction dépeint cet événement comme une tragédie. Dans le contexte de ce qui compte pour elle, c’est certainement le cas.

Alors que le jeu de Duret et de Vanderbeque est – sans crainte d’hyperbole – miraculeux, la présence de ce dernier à l’écran parle d’une sensibilité innée pour extérioriser les complications intérieures d’une personne. Comment Wandel a réussi à encourager et à façonner un tel virage doit être une pure alchimie. Travaillant presque exclusivement en gros plans serrés, le directeur de la photographie Frédéric Noirhomme immortalise les non-dits : son regard déçu, un geste d’indifférence blessante, prouvant que l’âge de l’innocence n’est pas sans noirceur.

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