NYFF 2023: Here, La Chimera, Janet Planet

Cette année, au Festival du film de New York, de nombreux longs métrages ont exploré la complexité de la solitude et le besoin d’amour familial et romantique. Situés dans des décors luxuriants remplis d’herbe, d’arbres et de verdure variée, ces films nous ont transportés dans un lieu et une époque plus calmes, un lieu où l’on réfléchit sur les relations et s’interroge sur sa place dans le monde.

L’un de ces films interpelle le public par son silence. « Ici, » le dernier long métrage du réalisateur flamand Bas Devos est l’histoire paisible et méditative d’un jeune ouvrier du bâtiment roumain vivant à Bruxelles. Il s’appelle Stefan (Stefan Gota), mais nous entendons rarement son nom, ou tout autre nom, prononcé à voix haute.

Nous suivons Stefan dans son quotidien, en nous concentrant sur tous les petits moments. Nous le voyons nettoyer son réfrigérateur à plusieurs reprises, mettant le contenu dans une casserole pour faire de la soupe maison qu’il partage ensuite avec ses collègues, ses amis et toutes les personnes qu’il rencontre. Il envisage de quitter la ville prochainement, mais le destin a d’autres projets pour lui.

Il rencontre finalement Shuxiu (Liyo Gong), une femme sino-belge qui étudie la mousse pour gagner sa vie. Stefan ne tarde pas à rejoindre Shuxiu, heureux d’observer la mousse et de passer du temps avec elle. Bien que tous les sentiments entre les deux soient inexprimés, nous tirons suffisamment d’enseignements du temps tranquille qu’ils passent ensemble.

Alors que « Ici » était l’histoire d’un nouvel amour, le dernier long métrage d’Alice Rohrwacher porte sur l’amour perdu. « La Chimère » suit Arthur (Josh O’Connor), un jeune archéologue britannique hargneux et au cœur brisé, vivant une vie nomade avec son sympathique groupe de pilleurs de tombes. Arthur a une capacité spéciale qui lui permet de trouver des tombes contenant des antiquités étrusques qui ont été enterrées avec les corps. Toujours en deuil de son amour perdu Beniamina (Yle Vianello), il prend du temps pour sa mère Flora (Isabella Rosselini) qui n’arrive pas non plus à la laisser partir. Mais tout commence à changer lorsqu’il rencontre Italia (Carol Duarte), une belle jeune maman qui prend des cours de chant auprès de Flora.

Même si leur flirt s’épanouit, Arthur ne peut pas se débarrasser de ses manières maussades, errant dans la campagne, maussade et fumant. La plupart des gens l’appellent « l’Anglais », un pouce endolori qui dépasse dans un océan de sourires faciles et de blagues bon enfant. Mais alors qu’Italia l’attendrit, Arthur commence à s’interroger sur la possibilité de son propre bonheur. Piller les tombes lui procure un plaisir momentané, mais le butin ne dure jamais et son chagrin semble ne fonctionner que comme une armure. Mais lui, tout comme Flora, tient fermement au souvenir de Beniamina. Rohrwacher utilise le réalisme magique pour créer un film aussi ludique que déchirant.

L’amour familial peut être tout aussi dévastateur que l’amour romantique. Le premier film d’Annie Baker « Planète Janet » se concentre sur le lien complexe entre une acupunctrice à l’esprit libre et sa fille déprimée vivant dans la campagne de l’ouest du Massachusetts. Janet (Julianne Nicholson) est une mère célibataire qui élève Lacy (Zoe Ziegler) du mieux qu’elle peut. Lorsque Lacy décide qu’elle veut quitter le camp d’été, Janet arrive rapidement avec son petit ami Wayne (Will Patton) pour venir la chercher. Mais les choses ne vont pas beaucoup mieux une fois qu’elle est à la maison, car Lacy se heurte à Wayne, maussade, et Janet doit continuer à arranger les choses.

Lacy est précoce, têtue et adore être près de sa mère. Certaines nuits, elle insiste même pour qu’ils dorment ensemble, en se tenant la main. Janet craint de gâcher Lacy d’une manière ou d’une autre, mais elle continue de vivre selon ses propres règles alors qu’une porte tournante d’amis et d’amants entre et sort de leur vie. Et pourtant, une grande partie de la tension entre Lacy et Janet reste inexprimée, car Lacy est une enfant et n’a pas vraiment compris comment être en désaccord avec sa mère.

Nous suivons Lacy alors qu’elle observe Janet, ne sachant pas quelles vérités elle est capable de glaner. Leur dévouement mutuel fonde l’histoire sans donner au public de réponses faciles. Nous ne savons pas qui sera Lacy quand elle sera grande ni comment Janet l’a affectée. Ce n’est pas à nous de le savoir. Mais nous pouvons voir l’amour entre les deux, même si leur cœur souffre. Le temps va transformer leur relation, mais Lacy peut désormais vivre dans le monde de sa mère, dans toute sa beauté et ses complications.

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