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Mountains Avis critique du film & résumé du film (2024)

Bien que « Mountains » passe la majeure partie de son temps à s’attaquer aux inquiétudes silencieuses de ses personnages immigrés, Sorelle se tourne finalement vers leur fils Junior (Chris Renois), un comédien en herbe vivant toujours dans son pays d’origine dont le parcours professionnel choisi ne correspond pas à ce que Xavier avait imaginé pour lui. Son point de vue sur l’état d’esprit rigide de ses parents et sur la façon dont il entre en conflit avec l’idée de poursuivre ses « rêves » enrichit cette appréciation à plusieurs niveaux de ce foyer, un substitut pour d’innombrables autres dans toute diaspora. Le scénariste-réalisateur perspicace équilibre encore davantage la balance à travers une scène où Xavier lui-même est méprisé par son riche beau-frère pour ce que ce dernier considère comme un manque d’ambition. Le fait que le co-scénariste de Sorelle, Robert Colom, soit cubain contribue peut-être à l’honnêteté affichée lorsque le patron cubain de Xavier prononce des remarques ouvertement racistes à son sujet et à celui d’un autre employé noir, confirmant que de telles attitudes prévalent même parmi des groupes qui ont plus de points communs que de différences.

Bientôt, les vautours des entreprises, désireux d’acheter des maisons à bas prix, commencent à encercler la famille, en misant probablement sur le fait que les nouveaux développements rendront le quartier peu accueillant pour la population immigrée. Ce qui est plus insidieux, c’est qu’ils obligent tacitement ceux qui y vivent à participer à leur propre déplacement : lorsque Xavier et Esperance se rendent à la journée portes ouvertes pour la résidence qu’ils rêvent d’avoir, la personne qui aide l’agent leur chuchote quelque chose en créole – elle est également d’origine haïtienne – non pas pour les rassurer, mais avec une condescendance qu’Esperance n’apprécie pas. Lentement, leurs acquits seront remplacés par des nouveaux venus dans le quartier qui agiront comme si le quartier leur avait toujours appartenu. C’est ainsi que fonctionne la gentrification, transformant des espaces qui avaient autrefois une importance pour les marginalisés en terrains de jeu fades pour les étrangers qui peuvent se les permettre. C’est une mentalité d’appropriation impitoyable sans intérêt pour la communauté. La force de la narration de Sorelle repose sur la façon dont elle divulgue ces points, non pas dans des dialogues verbeux ou des confrontations forcées, mais à travers les émotions ambivalentes qui enveloppent tout drame humain.

Là, au milieu des ruines d'une communauté dynamique assiégée, Xavier se tient debout, revendiquant le lieu où il a construit une vie, humble et durement gagnée, mais la sienne et celle de sa famille. Partir signifierait migrer à nouveau, être déraciné et dépouillé de tout semblant de chez-soi, tout cela au profit de néocolonisateurs dont les prouesses économiques infligent une douleur déguisée en opportunité. La simple présence de Xavier signifie résistance, tout comme les sons bruyants des festivités de son peuple et de sa langue. Et même si les bulldozers peuvent arracher des fenêtres et des murs, c'est l'intangible qui est inamovible. Ils ne peuvent en effet pas déplacer des montagnes.

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