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Luzzu Avis critique du film & résumé du film (2021)

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Jesmark (Jesmark Scicluna) sort tous les jours sur son luzzu aux couleurs vives, hérité de son père, qui, à son tour, l’a hérité de son père. Jesmark pêche toute la journée et toute la nuit, travaillant pour ramener à la maison un trait complet à vendre à la criée locale. Les règlements de l’UE ont imposé des limites à cette vieille tradition. La capture de certains poissons pendant la « saison de fermeture » est illégale, et les bateaux sont contrôlés au hasard par des autorités officieuses, un outrage pour ces hommes qui pêchent depuis des temps immémoriaux. Jesmark et sa femme Denise (Michela Farrugia) viennent d’avoir un bébé, et le bébé nécessite des soins particuliers. Ils n’ont pas l’argent. Un voile d’inquiétude s’installe sur le mariage, écartant le couple. Désespéré, Jesmark est entraîné dans le monde criminel de l’industrie du poisson corrompue. Son luzzu a provoqué une fuite et nécessite une révision complète, ce qui coûte également de l’argent. Il partage son temps entre travailler sur le luzzu et son nouveau petit concert.

Les luzzus flottent dans et hors du port, éclatant de couleurs et de touches personnelles, peints en jaune, vert, bleu, avec des yeux en bois exorbités attachés aux proues, des yeux scrutant un monde qui n’a plus de sens. De l’autre côté du port se dresse un gigantesque port à conteneurs, le monde moderne forçant le poisson à sortir du port. Jesmark regarde autour de lui la seule vie qu’il ait jamais connue et la voit disparaître. A l’intérieur du bateau se trouve une empreinte de bébé peinte en jaune, la sienne. Que peut-il transmettre à son propre fils ? Le gouvernement propose des rachats aux pêcheurs. Mais que ferait Jesmark à la place ? La pêche est tout ce qu’il connaît.

Camilleri, réalisateur pour la première fois, s’ancre dans ce monde. Travaillant en étroite collaboration avec le directeur de la photographie Léo Lefèvre, « Luzzu » capture les rituels, les tâches quotidiennes de cette ligne de travail : attraper des poissons, les emballer dans la glace pour le retour, nettoyer les poissons, raccommoder les filets, remonter un espadon interdit à bord avant de le jeter arrière. Rien n’est expliqué. Vous comprenez ce qui se passe en regardant. Le soleil, le bruit des vagues, la circulation sur les routes en arrière-plan, tout cela se traduit par une réalité palpable. Camilleri est américain, mais sa famille a immigré de Malte quand il était enfant. Il a grandi dans le Minnesota enneigé, loin de cette brise salée. Il regarde Malte avec les yeux d’un exilé, et la perception qu’ont les exilés de leur patrie est souvent nette, pointue. Surtout, Camilleri a approché Malte avec curiosité. Frustré par l’absence d’une culture cinématographique maltaise indépendante et frustré que Malte soit souvent utilisée comme remplaçant d’autres lieux dans des films plus importants, Camilleri a décidé de se rendre à Malte et d’enquêter sur l’histoire qu’il pourrait raconter. Il est devenu fasciné par les pêcheurs.

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