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La Syndicaliste Avis critique du film & résumé du film (2023)

La situation est encore pire, comme le raconte le drame factuel « La Syndicaliste », commercialisé ailleurs sous le titre anglais, tout à fait approprié, de « The Sitting Duck ». C’est le deuxième film que le réalisateur Jean-Paul Salomé réalise avec l’actrice protéiforme Isabelle Huppert, et il est bien plus grave que leur précédente collaboration, la comédie dramatique marchande d’herbe « Mama Weed ». Ce n’est pas non plus aussi réussi.

Cette histoire, bien que certainement captivante et déroutante, était, dans la vie réelle et ici, pleine de rebondissements que même le plus adepte des conteurs cinématographiques aurait du mal à nettoyer. Il a fallu près d’une décennie pour résoudre cette histoire, et même aujourd’hui, elle n’est pas entièrement résolue. L’un des principaux méchants du scénario, le directeur du secteur énergétique Luc Oursel, est décédé au milieu du conflit initié par Kearney. Cet acteur politique décisif, dépeint ici avec une sobriété exemplaire par Yvan Attal, pourrait bien avoir été complice de l’attentat de Kearney. Il se trouve que les auteurs de l’agression n’ont toujours pas été identifiés.

Le film oscille entre les intrigues d’entreprise, les nombreux va-et-vient de « à qui faites-vous confiance », et la dynamique familiale dans la maison de Kearney. Son mari est un ingénieur du son et musicien affable, Giles Hugo (Gregory Gadebois), et Maureen se bat avec une fille adolescente de manière conventionnelle. Kearney est un ancien buveur avec des antécédents de troubles émotionnels. Et peu de temps après qu’elle ait signalé son agression, les flics, influencés par les forces qui veulent la faire taire, commencent à émettre l’idée que Kearney a commis l’agression contre elle-même, pour attirer l’attention sur sa cause.

Les scènes dans lesquelles un policier, puis une juge, tentent de porter atteinte à l’intégrité de Kearney ont une énergie de sifflement vivifiante. Le portrait de Kearney par Huppert est calme et méfiant, même si lorsqu’elle parle anglais, c’est-à-dire avec un accent français assez prononcé, elle produit un peu de dissonance cognitive.

Mais les cinéastes semblent souvent déconcertés par l’ampleur du récit, et on a l’impression qu’ils essaient d’entasser beaucoup de choses dans une durée de deux heures. Tout au long du film, les thèmes semblaient familiers. J’ai réalisé que cela me rappelait le chef-d’œuvre de Michael Mann en matière de dénonciation d’entreprise en 1999, « The Insider », qui a mis cent trente-sept bonnes minutes pour dévoiler son histoire épouvantable. Je sais que ce n’est pas une question, surtout aujourd’hui apparemment, de demander que les films soient plus longs, mais « La Syndicaliste » aurait peut-être gagné à être un peu plus expansif.

En sortie en salles limitée vendredi.

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