Dusk for a Hitman Avis critique du film (2024)
Se déroulant principalement sur une année, « Dusk for a Hitman » commence à l'automne 1979. Lavoie (Éric Bruneau), au volant de son élégante Cadillac couleur caramel, roule sur une route de campagne avec une nouvelle, partenaire nerveux. Son jeune acolyte a été assigné à Lavoie par leur patron, Claude Dubois (Benoît Gouin), après que le gamin ait raté un coup précédent. Lavoie l'accompagne pour terminer le travail. «Maintenant que vous devez m'aider, vous verrez que c'est facile de tuer un homme», ironise Lavoie. Les deux hommes infiltrent avec compétence la cachette de leur cible, lui tirant dessus dans une dépendance. Ce n’est que la moitié de la tâche ; en un souffle, Lavoie exécute son partenaire.
Lavoie est le meilleur mercenaire de Dubois. En fait, le vrai tueur à gages admettra plus tard qu'il a assassiné quinze personnes pour le chef du crime, qui, avec son frère chef de la mafia (le film omet le frère), dirigeait la pègre de Montréal. En plus des meurtres, Lavoie recouvre également des dettes et est un exécuteur. Dubois lui fait tellement confiance que le caïd montre même au tueur à gages où trouver son butin enterré au cas où quelqu'un serait assez stupide pour le prendre en otage. Hormis le lien étroit qu'entretiennent employeur et employé, St-Jean et Martin Girard ne livrent pas grand-chose d'autre sur le fonctionnement interne de cette organisation. Donc, si vous cherchez Henry Hill pour donner une explication « Les Affranchis » sur les antécédents et les pensées personnelles de Lavoie, vous ne le trouverez pas dans ce film. Ce n'est pas nécessairement négatif. Je dirais même que c'est intentionnel : Dubois envoie les rats et les échecs si rapidement qu'il ne sert à rien d'apprendre leurs noms. Mais je ne peux m'empêcher de penser qu'une plus grande construction du monde aurait pu se produire : quel est le territoire de Dubois et comment fonctionnent ses affaires ?
Il y a une maigreur similaire dans la vie de famille de Lavoie. Son épouse Francine (Rose-Marie Perreault) est si basique qu'elle pourrait tout aussi bien être inexistante. Sa jeune fille, à ma connaissance, n'a même pas de nom. Lavoie l'appelle surtout la gamine. Encore une fois, vous avez l’impression que c’est intentionnel. Un peu comme ce que Martin Scorsese a fait avec le personnage d'Anna Paquin dans « The Irishman ». Lavoie est tellement absorbé par un mode de vie fait de meurtre, de cocaïne et d’argent qu’il a à peine la bande passante ou le désir de considérer sa famille comme des personnes dignes d’être connues. Mais dans la seconde moitié du film, alors que les motivations de Lavoie se tournent vers la protection de sa famille, il n'y a que deux très brèves scènes mettant en scène sa fille. C'est une sorte de vide qui, au bout d'un moment, ressemble moins à une fenêtre sur le personnage qu'à un fil coupé.





