Cannes 2023: The Sweet East, The Book of Solutions, The Feeling That the Time for Doing Something Has Passed | Festivals & Awards

Huit ans se sont écoulés depuis le dernier long métrage du réalisateur Michel Gondry de « Eternal Sunshine of the Spotless Mind ». Sa nouvelle comédie dramatique au moins semi-autobiographique « Le livre des solutions » (également dans la section Quinzaine des réalisateurs) offre une pseudo-explication légèrement alarmante mais attachante et fantaisiste expliquant pourquoi il lui a fallu si longtemps pour faire un autre film.

Centré sur un cinéaste très Gondry-esque nommé Marc (Pierre Niney), qui a du mal à terminer la post-production sur « N’importe qui, tout le monde », un projet qui, selon lui, pourrait être son chef-d’œuvre, le film s’ouvre alors qu’une rencontre avec les financiers de Marc se dirige précipitamment vers le sud . Il est toujours en train de peaufiner de manière obsessionnelle le cinquième acte du film, et ils ne sont pas impressionnés par les images qu’il a produites jusqu’à présent. Ne voulant pas s’avouer vaincu, Marc s’enfuit avec les disques durs et se dirige vers un village des Cévennes, où sa tante Denise (la légendaire Françoise Lebrun, chaleureuse et sage au-delà de toute mesure) a une maison.

Là, Marc croit pouvoir retrouver son génie créatif et remonter le film à la perfection, de concert avec sa monteuse éprouvée Charlotte (Blanche Gardin), l’assistante Sylvia (Frankie Wallach), la spécialiste vidéo Gabrielle (Camille Rutherford) , et une équipe de tournage de plus en plus épuisée. Sur le chemin, bien sûr, Marc lui-même. Peur de regarder les images, le réalisateur se révèle un maître de la procrastination, prenant une tâche chronophage après l’autre et s’assurant que ses collaborateurs partagent bon nombre de ses maux de tête auto-infligés. Malgré tous ses envolées maniaco-dépressives de fantaisie, Marc n’a pas l’esprit si pratique, disant à un moment donné à Charlotte de monter les images à l’envers, à un autre exigeant que Sting contribue à la partition du film.

Tout au long, le ton joyeusement excentrique du film suggère une méthode quelque part dans la folie de Marc ; il est intitulé d’après un guide d’auto-assistance loufoque qu’il a brusquement décidé d’écrire, avec des truismes tels que « apprendre en faisant » et « n’écoutez pas les autres ». Le processus de post-production troublé de Gondry sur « Mood Indigo », une romance farfelue surréaliste de 2013 qui présente des similitudes avec le futur magnum opus de Marc, semble une inspiration directe, et donc des scènes dans lesquelles le traitement frénétique et à la limite abusif de Marc envers ses collègues cinéastes atteint un registre fébrile, comme le film dans son ensemble, à la fois comiquement exagéré et auto-réflexif séduisant.

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