Must-See Jean Eustache Film Series Led by 4K Restoration of The Mother and the Whore | Features
Eustache aurait tiré le contenu émotionnel du film de sa propre vie, et je pense que c’est l’une des clés de sa grandeur : il a la passion et l’authenticité au niveau des tripes d’un récit de première main, celui d’un artiste qui a peut-être senti qu’il avait besoin de emballez tout ce qu’il avait à dire dans un seul opus massif. L’autobiographie dans le cinéma français, bien sûr, avait été lancée par « Les 400 coups » de François Truffaut, qui a conduit à une série continue de films d’Antoine Doinel, tous mettant en vedette Jean-Pierre Léaud dans le rôle de l’alter ego de Truffaut. Mais ces films n’étaient pas seulement essentiellement comiques, ils ont également émergé du début dynamique des années 60, alors que « La mère et la pute », le produit d’un artiste dont la tournure d’esprit pourrait être qualifiée de confessionnelle médico-légale, était l’un des nombreux films de sa ère ruminant les conséquences sombres et dégonflantes de mai 68.
Que cette sonde énervée dans les profondeurs personnelles et culturelles ait toujours un air de grâce et de légèreté doit beaucoup au style d’Eustache. Comme dans les précédents classiques de la Nouvelle Vague – pensez à « Masculine Feminine » et « Vivra Sa Vie » de Godard – la cinématographie lumineuse en noir et blanc de Pierre Lhomme combine l’immédiateté d’un documentaire et le poli classique, qualités peut-être les plus importantes pour les compositions subtilement élégantes et variées d’Eustache dans Marie. appartement exigu.
Ensuite, il y a les compétences du metteur en scène avec ses acteurs principaux. Surnommée « le visage de la Nouvelle Vague française », l’interprète chevronnée Lafont apporte maturité et intelligence à son travail en tant que Marie, équilibrant bien la conscience douloureuse du personnage des insuffisances d’Alexandre en tant que partenaire avec le sentiment que le vieillissement peut sous-tendre sa réticence à le lâcher. . Relativement nouvelle dans le métier d’actrice, la douleur et la méfiance de Lebrun sont la pierre angulaire émotionnelle du film, et son travail phénoménal dans une avant-dernière scène annonce son génie dans les monologues soutenus. Quant à Léaud : il est intéressant de comparer ici son travail avec celui du court métrage d’Eustache de 1966 « Le Père Noël a les yeux bleus ». Dans le film précédent, il est subtil et retenu : un très bon acteur même s’il est déjà célèbre. Dans « La mère et la putain », en revanche, il me semble qu’il joue autant Léaud-icône qu’Alexandre ; c’est une super-imposition délicate, mais d’une manière ou d’une autre, cela fonctionne. (Près de l’époque de ce film, il a joué dans deux autres jalons du cinéma, « Le dernier tango à Paris » de Bertolucci et « Jour pour la nuit » de Truffaut.)
En France, des lectures strictement historiques disent que la Nouvelle Vague a duré relativement peu de temps, 1957-63. Mais d’un point de vue mondial, les vaguelettes de ce mouvement le plus important et le plus influent de l’histoire du cinéma ont continué à déferler dans le monde tout au long des années 60 et au-delà. Alors que « La mère et la pute » est généralement appelé un film post-Nouvelle Vague, j’ai longtemps pensé qu’il était le dernier chef-d’œuvre du mouvement, un grand résumé de ses beautés et réalisations extraordinaires, réalisé par un auteur qui, sur la base de cette seule œuvre, côtoie aujourd’hui Godard, Truffaut, Rohmer et les autres géants qui l’ont précédé de peu.






