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The Office : l’ambiguïté de Michael Scott

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Alors que The Office est de retour sur Netflix depuis le 23 octobre, les péripéties de Michael Scott font leurs retours sur des milliers d’écran.

The Office : une tragi-comédie ?

Durant une interview pour la promotion de son film Adieu les cons, Albert Dupontel a été interrogé sur le côté burlesque de ses films, qualifié de comédie dramatique. Le réalisateur, qui vient de la scène, préférait davantage l’idée de faire des tragi-comédies. Quelle est la nuance ? Selon lui, la vie est nécessairement tragique par son aspect éphémère. Cependant, ce poids peut se révéler grotesque, au point d’en devenir absurde, ce qui rend les situations de vie comiques.

Oui, The Office est une série tragi-comique. Le pitch est simple : filmer le quotidien d’un bureau. La tragédie vient de l’ennui ressenti par tous les employés, mais pousser à l’absurde par les membres du bureau, le décalage crée une relecture de leurs quotidiens. Dans le dernier épisode de la saison 9, le personnage d’Andy éprouve de la nostalgie pour cette période :

“I wish there was a way to know you’re in the good old days before you’ve actually left them.”

Pour ce faire, elle utilise le format du « documenteur », consistant à donner l’illusion d’un documentaire sans montage ni étalonnage. Pourtant, les séries de rushs présentes ne sont en aucun cas aléatoire. L’utilisation de ce procédé permet de créer un « pacte de réalité » avec le spectateur. Pourtant, dirigé par Michael Schur, le huis-clos initial du bureau donne à la série un faux-air de sitcom.

C’est ce ton satirique qui a constitué la base de l’écriture de tous les personnages. Celui de Jim est une satire du gendre idéal des comédies romantiques américaines des années 1990-2000. Quant à Michael Scott, manager régional de la branche locale, c’est un déçu de la promesse du rêve américain.

Ayant grandi dans une société de consommation, la promesse de s’épanouir dans ce modèle n’a pas été tenue. Il est naturellement en décalage, c’est ce qui fait toute son ambiguïté. Le personnage est en constante tension entre le drame et la comédie. Un manager méritant mais trop émotif, bienveillant mais maladroit. C’est ce qui permet aux scénaristes de le rendre crédible sur les 7 saisons auquel il a participé.

À l’image d’un Hubert Bonisseur de la Bath pour la saga OSS117, le personnage ne se sait pas drôle. Si vous l’invitiez dans une salle de cinéma pour se regarder, il ne comprendrait pas les réactions du public.

Saison 3, Episode 16 (« Business School »)

Steve Carell : du SNL à Michael Scott

Certes, le personnage est fin par son écriture, mais son interprète, Steve Carell, ne l’est pas moins. Révélé à la fin des années 90 avec le Daily Show, le journal télévisé satirique lui permet de faire ses premiers pas de comédien en tant que correspondant. Ses improvisations lui ont notamment permis d’intégrer la troupe du Saturday Night Live sur la chaîne NBC, au début des années 2000.

Celui-ci va tout de même lui permettre d’obtenir une série de seconds rôles remarqués. Les plus célèbres sont Bruce tout-puissant (2003) au côté de Jim Carrey, ou encore Présentateur vedette : La Légende de Ron Burgundy (2004).

Au lancement de The Office en 2005, NBC cherche un acteur installé. Steve Carell n’a jamais été vu comme une évidence pour ce rôle, les auditions pour chacun des rôles sont intégralement disponibles sur YouTube.

Pour celui de Michael Scott, le casting mais aussi le parcours récent de l’acteur ont fait la différence. Cela faisait 3 ans que son statut de comédien avait eu son succès d’estime avec le cinéma, il ne lui manquait « plus » qu’un grand premier rôle pour avoir la reconnaissance du grand public. Décrocher ce rôle lui a notamment permis de mettre en lumière son premier rôle dans 40 ans, toujours puceau (2005), dont il était également le coproducteur exécutif.

En 2011, l’histoire s’arrêtera précipitamment avec The Office. De nombreux rumeurs circulent sur les raisons de la non-prolongation de son contrat avec NBC. les scénaristes se retrouvent obliger d’organiser une sortie digne de Michael Scott. Avec des larmes cachés par un sourire.

Toutefois, la carrière de Steve Carell et celle de Michael Scott se retrouvent pour le côté « perdant magnifique ». Si l’acteur est devenu une référence hollywoodienne, son parcours n’a en aucun cas été linéaire.

La décennie 1990-1999 fut instable. D’abord postier sans réussite puis candidat raté au concours d’avocat, il finit son cursus en droit avant de s’intéresser au cours d’improvisation dans un théâtre local de Chicago. C’est par ce biais qu’il fera ses premières apparitions nationales au milieu des années 1990, en jouant notamment à New-York et Chicago.

Ainsi, l’acteur s’introduit rapidement dans le monde du cinéma, il n’est pas encore en mesure de s’y installer définitivement. Il obtient notamment le second rôle de Tesio dans La p’tite arnaqueuse (1991) de John Hughes. En somme, la réussite d’un obstiné.

Saison 2, Episode 6 (« Le combat »)

Conclusion

De nombreuses séries ont vu de nombreux rôles bien écrits mais parfois mal joué, l’inverse arrive aussi. Puis il y a Michael Scott.

★★★★★

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