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The Nature of Love Avis critique du film (2024)

Les liaisons torrides et les triangles amoureux ne sont pas une invention cinématographique récente (après tout, « Challengers » est l’un des plus grands repères du canon culturel de cette année), mais Chokri reprend le sujet familier et le façonne avec la fantaisie de l’ancien et la profondeur du nouveau. Les références, comme à la romance hivernale et taboue de « All That Heaven Allows », semblent portées sur la pochette de « The Nature of Love ». La lumière du jour disparaît soudainement, pour être remplacée par des sources plus petites et plus intimes (comme les lumières du tableau de bord d’une voiture dans la première scène sensuelle du film). On ressent une bizarrerie constante dans la mise en scène du film qui tire les sourires et allume votre cœur aux côtés de celui de Sophie.

La musique du film, composée par Émile Sornin, semble tout droit sortie de l'âge d'or, tout comme les choix de cadrage de Chokri. Pourtant, ces éléments fondamentaux s'accompagnent d'une modernité et d'un côté excentriques qui se manifestent à travers le montage plein d'esprit de Pauline Gaillard : des montages rapides alternant entre des contacts visuels chargés et des scènes individuelles tournées sous de nombreuses perspectives non conventionnelles et assemblées côte à côte. Il y a un charme dans la fabrication de « The Nature of Love », une agréable hyper conscience des mains des artistes.

L'écriture de Chokri est incisive, et la comédie se glisse dans des moments fugaces où se côtoient désirs brûlants, inquiétude romantique et introspection existentielle. Ce flot d'émotions et la façon dont elles se présentent dans le scénario sont assez similaires au sentiment de tomber amoureux, avec tous ses rires, anxiétés et désirs passagers. Lépine-Blondeau et Cardinal ont une alchimie électrique qui fait basculer la romance du film dans le vide, et la mise en scène de Chokri est constamment captivante.

Le triangle amoureux est soigneusement étudié et, bien que le dilemme Xavier contre Sylvain relève de tropes, il sert suffisamment à quelque chose pour être racheté. Xavier est riche, intelligent et cultivé, mais un amant placide et triste. Le col bleu Sylvain est « intellectuellement modeste » et montre des signes troublants d’agressivité et de xénophobie, mais il est une révélation fougueuse au lit. Ce sont des stéréotypes de genres d’hommes, mais Chokri fournit suffisamment de caractérisation périphérique dans son écriture pour leur donner une véritable autonomie, une vie et une dimension (comme le font les acteurs).

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