Night Swim : critique qui enchaine les longueurs
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Quand une piscine devient le théâtre de l’horreur
Imaginons un cadre anodin, un simple jardin doté d’une piscine, qui se transforme en un lieu de terreur intense. « Profondeurs Nocturnes » nous plonge dans une histoire où le quotidien côtoie l’insolite, lorsque la famille de l’ex-star de baseball en convalescence, incarnée par Wyatt Russell, et sa compagne jouée par Kerry Condon, font l’acquisition d’une demeure dont la piscine semble détenir un obscure secret. La promesse d’un scénario original semble s’annoncer sous les traits d’un concept élevé: un bassin aquatique hanté au coeur d’une intrigue énigmatique.
Des profondeurs familières
Toutefois, la créativité de l’énigme est rapidement noyée sous des clichés déjà bien éprouvés dans le genre horrifique. Les ressorts de peur utilisés se révèlent éculés, suivant le sillage des productions génériques. Cela va des motivations nébuleuses de l’entité malveillante à ses stratégies prédatrices, sans omettre l’inévitable descente dans les méandres de l’Internet pour démêler le passé de cette demeure et de ses anciens résidents. Pareillement, le schéma narratif s’étire, la substance d’une idée qui aurait pu tenir en quelques minutes de court-métrage est diluée pour combler le temps d’un long-métrage. On en vient presque à espérer que la piscine avale rapidement ces figures fantomatiques pour épargner le spectateur d’une attente interminable.
Des vagues de déjà-vu
En effet, « Profondeurs Nocturnes » ne surprend guère, traçant son sillon dans le paysage cinématographique sans élever d’écume. Même la petite touche de singularité, ces incursions aquatiques qui offrent une dimension anxiogène, ne parviennent pas à s’affranchir des conventions usées du genre. Certains plans et effets visuels tentent de capturer l’attention, comme les apparitions spectrales dans les bassins ou les prises de vue parallèles à la surface de l’eau, rappelant certaines références cultes. Mais leur impact reste superficiel, se dissolvant aussitôt dans le scénario sans parvenir à s’ancrer dans la mémoire du spectateur.
Une opportunité manquée pour un frisson aquatique
En dépit de la synergie entre Atomic Monster et Blumhouse, deux mastodontes de l’horreur qui pourraient laisser présager d’une vague renouvelée de frayeurs, le projet s’abîme dans une forme de léthargie scénaristique. Bien que l’initiative de produire des œuvres originales soit noble, « Profondeurs Nocturnes » ne parvient pas à émerger comme une réelle contribution à l’évolution du genre. A la place, il flotte dans une mare de conventions dont on espérait qu’elle serait nettoyée par les idées fraîches des deux compagnies. Et pourtant, dès les premières minutes, le spectateur pourra sentir le besoin irrésistible d’assainir ses pensées de cette expérience qui, finalement, pourrait laisser un léger arrière-goût de chlore.







