Les quatre âmes du coyote » a utilisé les manifestations de Standing Rock pour raconter un ancien conte amérindien.
Découverte d’une œuvre cinématographique inspirée des traditions ancestrales
La fascination pour la culture amérindienne s’est emparée du réalisateur Áron Gauder dès l’enfance, une passion qui n’a fait que grandir avec le temps. Ses précédentes créations en matière d’animation, telles que « Coyote and the Rock » et « Coyote and the Wasichu », témoignent de son engouement pour les mythologies autochtones. Son dernier opus, « Les Quatre Âmes du Coyote », qui représente fièrement la Hongrie dans la course aux Oscars, est le fruit de cette passion indéfectible pour la sagesse et les mythes des premières nations.
L’œuvre explore un ancien mythe de la création, mettant en exergue l’idée que l’humain n’occupe qu’une place mineure dans le vaste écosystème naturel. Áron Gauder, lors d’un échange avec Steve Pond et Réka Temple, productrice du film, souligne l’intention fondamentale du récit : remettre en question l’anthropocentrisme et rappeler notre simple rôle d’êtres parmi tant d’autres dans la nature.
La trame narrative du film emmène les spectateurs au cœur des protestations autochtones contre l’intrusion des projets pétroliers sur leurs terres ancestrales. À travers une esthétique animée colorée et expressive, « Les Quatre Âmes du Coyote » transcende une protestation contemporaine pour plonger dans les profondeurs d’un conte ancestral, martelant le message de respect et de protection de notre planète.
Un projet cinématographique en écho aux luttes actuelles
La révélation de la crise de Standing Rock au cours de laquelle la communauté indienne s’élevait contre le Dakota Access Pipeline a été pour Gauder un catalyseur. Ce conflit résonnait avec les thèmes universels et intemporels de son scénario en cours, lui révélant la pertinence continue de ces légendes. Il perçoit le combat des Amérindiens, défendant l’eau face à l’industrie pétrolière, comme un combat que tous se doivent de comprendre et d’intégrer.
Réka Temple décrit le développement du film durant la pandémie comme une époque de solidarité renforcée malgré l’éloignement. Internet et les conférences Zoom ont tissé des liens inédits entre les membres de l’équipe disséminés à travers l’Europe. Elle insiste sur le fait que la dynamique unique et la communion émotionnelle entre les quelque 150 personnes impliquées dans le processus créatif se reflètent dans le produit fini, visible à l’écran.
Le symbolisme du coyote, tantôt trompeur, tantôt moteur de conscience dans différentes narrations cinématographiques actuelles, est abordé différemment dans le film de Gauder. Pour ce dernier, le coyote personnifie notre inconscient, nos envies, voire nos ombres, les aspects souvent niés de notre personnalité. Toutefois, le coyote reste une partie de notre être, balançant avec la figure sage et raisonnée du grand-père qui raconte le mythe de la création.
Ce film est un rappel puissant de la richesse des légendes autochtones et de leur résonance universelle dans nos défis contemporains. Aussi, il invite à regarder au-delà de nos propres récits pour comprendre et préserver les récits intemporels et vivants des cultures amérindiennes.






