La revue Outrun | Saoirse Ronan étourdit dans un puissant drame sur la toxicomanie
Saoirse Ronan est stupéfiante dans le rôle d'une alcoolique brisée qui tente de reconstruire sa vie sur une île écossaise isolée dans The Outrun, basé sur les mémoires à succès de 2016 de la journaliste Amy Liptrot. Elle adapte son propre voyage déchirant de dépendance avec les visuels impressionnants et la conception sonore déconcertante de la réalisatrice allemande Nora Fingscheidt. Le film saute dans le temps, racontant une descente inquiétante vers le fond et une montée déchirante vers la sobriété. Le récit a une charge émotionnelle, mais s'éloigne trop de l'imagination avec sa conception de production implacable.
Sommaire
Dépasser l’alcool dans le passé et le présent
Nous voyons d'abord Rona (Ronan), une étudiante diplômée en biologie, se faire marteler dans un pub londonien. Elle est amicale, affectueuse et vive avec des cheveux bleus choquants. Rona refuse de partir au dernier appel. Son tempérament devient argumentatif et violent. Elle maudit le videur quand il la jette à la rue. Rona récupère ses affaires et marche d'un pas chancelant. Une voiture s'arrête et une inconnue lui demande si elle a besoin de l'emmener.
Dans le présent, Rona travaille dans la ferme de moutons de son père Andrew (Stephen Dillane), près d'une falaise abrupte. Sa narration en voix off indique qu'elle est de retour chez elle, dans les îles Orcades en Écosse. Les longs cheveux blonds de Rona ont des restes bleus à la pointe. Un numéro apparaît à l'écran indiquant depuis combien de temps elle est sobre. Rona retourne chez Annie (Saskia Reeves), sa mère religieuse, pour la nuit. Elle est furieuse lorsque le groupe de prière d'Annie discute de sa dépendance.
Rona se montre peu inquiète en tirant un agneau du ventre de sa mère et en le faisant tournoyer pour lui donner vie. Son père est introuvable. Rona se dirige vers son camping-car craignant un autre épisode. Elle le trouve en train de boire seul. Rona est déclenchée à la vue de l'alcool. Elle se souvient de son visage battu et de son corps meurtri à l'hôpital.
Une brume ivre
Fingscheidt (The Unforgivable, System Crasher) et Liptrot veulent que le public comprenne l'état de conscience altéré de Rona. Il y a un thème constant entre son isolement et sa solitude sur les îles et ses fêtes sauvages. Se saouler lui faisait du bien, mais les conséquences de chaque épisode deviennent de plus en plus préjudiciables. Rona commence à s'aliéner les personnes qui s'occupent d'elle.
La décision de Rona de se faire soigner n'est pas prise à la légère. Elle paie un lourd tribut pour ses actes d'ivresse. Le deuxième acte du film raconte ses étapes vers le rétablissement. La réadaptation est le dernier arrêt du train avant une catastrophe certaine. Sa situation désespérée ne lui laissait pas le choix. Fingscheidt et Liptrot ne font aucun effort dans les scènes les plus franches du film. Admettre qu’elle a un problème conduit à une plus sombre introspection. L'alcoolisme de Rona ne s'est pas développé en vase clos. Son enfance traumatisante est mise en lumière par la maladie mentale débilitante d'Andrew. La dépendance peut être alimentée par la génétique et l’environnement. Rona a dû développer un mécanisme d'adaptation pour gérer cette crise. Sa mère a découvert la religion en acceptant la bouteille.
The Outrun succombe à la surcharge sensorielle
L'Outrun juxtapose la chute urbaine de Rona avec une sombre renaissance dans une nature féroce. Les îles Orcades sont frappées par des vents violents, un froid brutal et un ciel perpétuellement gris, mais elles abritent également une beauté et une faune étonnantes. Rona prend position auprès de la Royal Society for the Protection of Birds (RSPB). Elle se porte volontaire pour vivre au milieu de nulle part pour documenter les observations de râles des genêts. Sa chasse à l'oiseau rarement vu donne à Rona une évasion dont elle a désespérément besoin. Tout perdre peut ressembler à la fin du monde. Elle découvre l'espoir avec un changement de perspective.
L'Outrun est une expérience sensorielle. Rona écoute de la musique de danse électronique. Ses combats en état d'ébriété sont aggravés par des effets sonores discordants, une rafale de montages rapides et des effets de lumière stroboscopiques. Fingscheidt la montre hors de contrôle et refusant de lâcher prise. Rona porte des écouteurs sur les îles. Elle est entourée de prairies immaculées mais entend des rythmes frénétiques dans une tentative ratée d'étouffer son chagrin. Il lui faut une croissance spirituelle pour baisser le volume et expérimenter un réconfort tranquille. Cela a un sens poétique, mais l’exécution devient lourde.
L'assaut de la musique, de l'éclairage et des images devient préjudiciable à mesure que le film progresse. Fingscheidt utilise des images d'animation et d'archives pour cadrer l'état d'esprit de Rona à différents moments. Elle donne une leçon d'histoire des îles Orcades resplendissante de mythes anciens et d'observations météorologiques scientifiques. Ces informations générales sont utiles et parfois intéressantes, mais il se passe beaucoup de choses sur des thèmes dramatiques sérieux. Vous ne pouvez verser qu’une quantité limitée de vin (ou d’eau, pour Rona sobre) avant que la tasse ne déborde. Heureusement, vous ne perdez jamais votre compassion et votre empathie pour le protagoniste blessé. Ronan continue d'être remarquable et audacieux dans une autre performance incroyable.
The Outrun est une production de BBC Film, Protagonist Pictures, Brock Media et Arcade Pictures. Il sortira en salles le 4 octobre chez Sony Pictures Classics.







