Dans le monde des "pauvres choses", des bateaux à vapeur miniatures, des ensembles massifs et des manchons qui ressemblent à ceux d'un bateau à vapeur.

Dans le monde des « pauvres choses », des bateaux à vapeur miniatures, des ensembles massifs et des manchons qui ressemblent à ceux d’un bateau à vapeur.


Le génie de Yorgos Lanthimos captive une fois de plus

Le septième art réserve parfois des univers si captivants qu’ils en deviennent des signatures inoubliables. Le cinéaste grec Yorgos Lanthimos, maître derrière des œuvres comme « The Lobster » et « The Favourite », nous livre une nouvelle fois un spectacle visuel enchanteur avec son dernier chef-d’œuvre, « Choses Frivoles ». Réputé pour son approche unique, ce nouveau projet se dépeint comme une fantaisie colorée ancrée dans une réalité décalée du XIXe siècle.

Des décors fastueux où la féerie rencontre la réalité

Avec Robbie Ryan, directeur de la photographie oscarisé, derrière la caméra, « Choses Frivoles » promet un visuel à couper le souffle. Ryan, tout en riant des subtilités linguistiques du mot « Lanthimosesque », révèle l’essence inventée du cinéma de Lanthimos : immerger le spectateur dans un univers où l’inattendu est la seule constante, jonglant entre pragmatisme et mystère.

Le récit, adapté du roman « Poor Things » d’Alasdair Gray, suit les péripéties de Bella Baxter incarnée par Emma Stone. Telle une création enfantine de Frankenstein, elle se trouve entraînée dans une quête épique de découverte de soi, à travers un voyage fantasmagorique de Londres à Alexandrie.

Le défi de construire ce monde onirique est revenu à James Price et la talentueuse Shona Heath, qui ont su transformer Budapest en une multitude de lieux légendaires. Chaque décor monumental a été conçu pour épouser parfaitement les scènes, avec un souci du détail à tel point que presque la totalité des équipes de construction hongroises y ont contribué.

Une quête d’authenticité au cœur de l’illusion

Fidèle à son ambition de réalisme enchanteur, Lanthimos a puisé l’inspiration dans des classiques tels que « Belle de Jour » de Luis Buñuel, explorant des techniques visuelles anciennes plutôt que de se reposer sur les images de synthèse contemporaines. Des paysages peints aux maquettes miniatures en passant par des écrans LED, chaque élément visuel a été méticuleusement choisi pour embellir l’authenticité de chaque scène.

L’art des prothèses au service du fantastique

« Choses Frivoles » se distingue également comme le premier film de Lanthimos où les effets de maquillage prothétiques prennent une place prépondérante. L’extraordinaire travail de la maquilleuse Nadia Stacey, nominée aux Oscars pour son œuvre dans « Cruella », a su donner vie à un Godwin Baxter, incarné par Willem Dafoe, marqué par les cicatrices des expériences de son père.

Là encore, l’ambition était de créer un personnage crédible et touchant, façonné par son histoire, sans tomber dans la caricature du vilain. Stacey, épaulée par Heath dans une démarche presque architecturale, a réussi à trouver l’équilibre parfait entre la réalité du visage de Dafoe et les nécessités du personnage. Le résultat est un Baxter à la fois impressionnant et émouvant, témoignant d’une profonde vision artistique.

La convergence du maquillage et du costume, géré par la costumière Holly Waddington, a joué un rôle essentiel dans l’élaboration de cet univers. Waddington a réussi à lier l’esthétique unique de Bella et Baxter à leur voyage tumultueux, tout en préservant la cohérence visuelle du monde de « Choses Frivoles ».

En somme, « Choses Frivoles » s’annonce comme une expérience cinématographique hors du commun, où la vision de Yorgos Lanthimos transmute une richesse narrative en un festival visuel remarquable. Un régal pour les yeux, le film est prêt à rejoindre le panthéon des œuvres cinématographiques qui marquent l’imaginaire collectif.

Les Secrets de Création des Costumes Spectaculaires de « Poor Things »

Dans l’univers insolite de « Poor Things », les costumes jouent un rôle primordial pour apporter une touche d’extravagance et de caractère aux personnages. Une véritable exploration des tissus a permis de donner vie à des vêtements évocateurs d’organes humains, poussant ainsi les limites de l’imaginaire. Les manches transformées en poumons gigantesques incarnent cette audace créative, se mariant avec les éléments de décor qui évoquent les textures organiques de la peau, des entrailles et de la matière cérébrale.

Quand le Costume Épaissit le Trait

La satire des moeurs de la haute société victorienne est incarnée dans la silhouette de Mark Ruffalo, qui interprète Duncan, un personnage prétentieux et viril. L’équipe des costumes a renforcé cette caricature grâce à un travail de rembourrage astucieux. Des ajouts sur les cuisses et le postérieur ainsi qu’un corset ont été envisagés pour exagérer son allure, bien que finalement réduits pour préserver une certaine subtilité à l’écran.

Un Voyage Temporel et Stylistique

Libre de puiser dans diverses époques pour concevoir des costumes uniques, Waddington a notamment puisé son inspiration dans l’ère spatiale du XXe siècle et dans la mode des compagnies aériennes. Cela a influencé la création de pièces contemporaines incorporant des éléments plastiques pour le personnage de Bella. Ses bottes, à la croisée de l’ère spatiale d’André Courrèges et de la sobriété victorienne, symbolisent parfaitement cette fusion des temps.

Le Langage des Couleurs et des Symboles

Bella, le personnage central, se distingue par une garde-robe colorée qui, malgré le noir et blanc des premières scènes, joue un rôle clé dans la narration. Le jaune devient la signature de sa folie douce et de sa joie de vivre. Son éclat suggère à la fois l’avertissement et l’attraction, renforçant la présence incontournable de Bella et sa lumière propre au sein de l’histoire.

L’Art de la Photographie en Mouvement

Robbie Ryan, directeur de la photographie, amène son expertise pour sublimer cette richesse visuelle. Optant pour des prises de vue en film 35mm et une lumière naturelle, il parvient, grâce à une utilisation méticuleuse du zoom, à accentuer le rayonnement de Bella dans de nombreuses séquences. Ces choix techniques épousent parfaitement les ambitions esthétiques de « Poor Things », offrant au spectateur une expérience cinématographique immersive.

Partenaires de Création

Dans cet univers créatif, tous les artisans jouent un rôle décisif. Le réalisateur Yorgos Lanthimos et Robbie Ryan ne cessent de collaborer pour pousser les frontières du 7e art. Le succès de cette alchimie artistique promet de nouvelles aventures cinématographiques, à la fois audacieuses et fascinantes pour les spectateurs avides d’un cinéma qui ose différemment.

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