Chestnut Avis critique du film & résumé du film (2024)

Éclairé à parts égales par des enseignes au néon et par la lumière crue du lendemain matin, « Chestnut » construit le monde d'Annie avec une atmosphère merveilleuse, en s'appuyant sur le flux émotionnel de ses personnages pour façonner son histoire et sa forme visuelle. La caméra du film est ici fluide mais discrète dans ses mouvements alors qu'elle regarde se dérouler la chorégraphie complexe des états émotionnels souvent inexprimés de son personnage. Nous avons ici le sentiment d'évoluer aux côtés des personnages, observant tranquillement la scène par-dessous la lourdeur ivre de nos paupières avides de sommeil.

Il s’agit d’un triangle amoureux sexuellement chargé qui est aussi convaincant que flou dans ses limites et ses définitions. Cette situation est alimentée non seulement par les sorties nocturnes, mais aussi par le refus de la transparence émotionnelle qui est si souvent utilisée comme arme par nos moi plus vulnérables et plus jeunes. Annie aspire à l'affection de Tyler, mais elle se gagne presque trop facilement, trop rapidement, ne laissant que peu de substance à la suite de leurs rencontres au-delà de questions plus sans réponse. Tyler séduit rapidement par sa personnalité énergique et sa nature impulsive, tandis que Danny est, à première vue, davantage une figure fondamentale dans sa capacité à parler de choses au-delà du moment présent. La tâche d'Annie ici n'est pas de choisir entre Tyler et Danny, mais plutôt de réaliser que chacun d'eux la laissera inévitablement en vouloir plus à sa manière.

Compact dans sa durée, « Chestnut » offre un aperçu doucement lyrique d’une jeune vie au bord d’un avenir nouveau et incertain. Le travail narratif entrepris ici est subtil : un geste, un regard, une expiration forment l’essentiel de ses matériaux affectifs, qui ne sont tous que brièvement modelés par des accès tardifs de frustration, de colère et de tristesse. C'est un film qui – pour le meilleur et pour le pire – est facilement familier dans la mesure où sa vision d'un conte de passage à l'âge adulte n'est ni catégoriquement spécifique ni unique. Il est, au contraire, tout à fait humain dans la présentation de ses mondes internes, offrant une méditation intime sur les mondanités chargées du jeune adulte qui, au moment de les expérimenter, ressentent tout le contraire.

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