Revue Off Broadway de « Marcel dans le train » : les meilleurs bustes de mime au monde

Revue Off Broadway de « Marcel dans le train » : les meilleurs bustes de mime au monde

La nouvelle pièce de Marshall Pailet et Ethan Slater dépeint un épisode méconnu de la vie de Marcel Marceau

Si les bonnes intentions donnaient naissance à du bon art, alors chaque biopic sur Jésus-Christ, de « La Robe » à « La plus grande histoire jamais contée » en passant par « La Passion du Christ », serait une œuvre d’art plutôt qu’un déchet grandiloquent qu’il est.

D’autres sujets dignes d’intérêt sont le racisme, l’homophobie, le sexisme et l’antisémitisme, notamment ceux qui se sont déchaînés pendant l’Holocauste. « Marcel on the Train » de Marshall Pailet et Ethan Slater, qui a débuté dimanche à la Classic Stage Company, tente d'être une « Liste de Schindler » de poche, mais déraille de ses nobles rails à presque chaque tournant.

Avant d'être Marcel Marceau, le célèbre mime français était Marcel Mangel, fils d'un boucher casher. Pendant la Seconde Guerre mondiale, le jeune Mangel rejoint l'Organisation Juive de Combat qui a sauvé des milliers d'enfants et d'adultes juifs vivant en France pendant l'occupation nazie. « Marcel on the Train » dramatise une de ces évasions en Suisse dans laquelle Mangel (Ethan Slater) dirige un groupe d'adolescents, garçons et filles, déguisés en scouts.

Les enfants ne vont pas bien ; en fait, ils ont à juste titre peur pour leur vie – alors Mangel les divertit avec son mime. Le problème c'est que Slater n'est pas un très bon mime. Les acteurs qui incarnent les enfants (Alex Wyse, Maddie Corman, Max Gordon Moore, Tedra Millan) rient aux éclats de ses sketchs de comédie muette. Nous, dans le public, ne le faisons pas. Curieusement, Slater's Mangel est bien meilleur pour raconter des gags, dont quelques-uns sont carrément dignes d'un sourire. Sommes-nous en train de nous dire que Mangel s'est trompé de métier, que Marcel Marceau aurait dû être un comique plutôt qu'un mime ?

Slater rappelle un jeune Woody Allen sans l'ironie.

Plus problématique encore, les nazis ne semblent pas très attentifs au wagon transportant ces enfants juifs. Lorsqu'un officier (le multicast Aaron Serotsky) se présente enfin pour demander leurs papiers, les enfants se débarrassent immédiatement de leur peur nerveuse pour défier ses ordres. Si jamais j’avais parlé à l’une des religieuses du collège de la façon dont ces enfants se moquent des nazis dans « Marcel dans le train », j’aurais été envoyé dans les limbes sur-le-champ.

Certaines pièces de théâtre et comédies musicales mettent en scène avec succès des adultes comme des enfants. « Putnam County Spelling Bee » et « To Kill a Mockingbird » me viennent à l’esprit. « Marcel dans le train » n'est pas une de ces œuvres. Les dramaturges ont chargé chaque personnage enfant d'un futur épisode qui nous raconte ce qui lui est arrivé dans les années 1960 ou 1970. Ces flash-forwards détruisent le peu de suspense dramatique qui existe.

Un point positif est la production. Le décor de Scott Davis et l'éclairage du Studio Luna capturent simplement et efficacement le voyage en train en 1943.

Marshall Pailet dirige.

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