Une vision surréaliste de notre monde en évolution

Une vision surréaliste de notre monde en évolution

Résumé

  • Un conte de fées magique-réaliste explorant un monde en transition.
  • Des performances brillantes amènent l’humanité aux personnages animaliers.
  • Les défis de devenir majeur dans un monde nouveau et étrange.

« Oh, l’époque dans laquelle nous vivons », crie banalement un homme dans la rue en ouverture du deuxième film du cinéaste français Thomas Cailley, Le Règne Animal. Un homme-oiseau muté vient de s’échapper d’un véhicule d’urgence, lançant un regard menaçant aux humains pris dans la circulation avant de s’envoler. Il semble que ce soit la nouvelle norme. La suite du premier long métrage de Cailley, Love at First Fight, The Animal Kingdom suit un père et son fils alors qu’ils tentent de naviguer dans l’étrangeté de ce nouveau monde, où certains humains ont commencé à subir des transformations en créatures animales incapables et indifférentes. participer à la société comme cela a toujours été le cas.

Le Règne Animal suit François et son fils Emile alors qu’ils s’adaptent à leur nouvelle vie dans une petite ville du sud-ouest de la France. Lana, l’épouse de François et la mère d’Emile, fait partie des créatures transférées dans un établissement de soins voisin où le duo espère qu’elle pourra être réhabilitée. Mais une catastrophe survient et une tempête hors saison fait tomber son bus de la route, la relâchant ainsi que plusieurs autres patients dans la forêt environnante.

Pendant ce temps, Emile commence tout juste à s’installer dans sa nouvelle vie lorsqu’il se rend compte qu’il a hérité des gènes de sa mère et qu’il commence lui-même à se transformer en créature. Tiraillé entre deux mondes, Emile doit décider s’il cachera la mutation comme le souhaite son père, ou s’il acceptera son nouveau corps et ne fera plus qu’un avec la nature.

Le règne animal parle le langage du sublime

Le règne animal

4/5

Date de sortie 4 octobre 2023

Réalisateur Thomas Cailley Avec Romain Duris , Paul Kircher , Adèle Exarchopoulos , Tom Mercier , Billie Blain

Durée d’exécution 128 minutes

Écrivains Thomas Cailley , Pauline Munier Pros

  • Des performances centrales brillantes
  • Le maquillage et les effets sont bien faits
  • Thématiquement riche et réfléchi
  • Joue avec le genre de manière intéressante

Les inconvénients

  • Pacing aurait pu bénéficier d’un format différent
  • Exarchopoulos aurait pu avoir plus à faire

Le film est un conte de fées magique-réaliste qui trouve la beauté dans le bizarre et utilise le langage visuel des rêves et des cauchemars pour explorer la terreur sublime d’un monde en transition. Le règne animal n’est pas le récit post-apocalyptique d’un monde trop lointain ; Cailley s’intéresse plutôt à examiner la réaction de la société à cette transformation globale et la manière dont chacun s’adapte à cet étrange nouveau monde. Il se demande ce qui se passe lorsque le familier devient inconnu, lorsque nous devenons Autre. Le film est magnifiquement tourné, contrastant la forêt luxuriante et vibrante et les zones humides des Landes de Gascogne avec le béton et l’acier durs de l’architecture humaine pour faire ressortir l’étrangeté du contact humain sur le monde naturel.

À tout cela se mêlent les créatures elles-mêmes, les spectacles de maquillage et les effets informatiques qui vendent la réalité de la situation. Il n’y a pas deux créatures identiques, chaque dessin chimérique étant plus fascinant que le précédent. Le plus gros reproche est peut-être que nous n’en voyons pas plus. Les acteurs incarnant ces créatures capturent à merveille leur côté sauvage, insufflant à leur performance des traits animaliers qui correspondent à leur apparence extérieure. L’artiste animalier le plus remarquable pourrait être Fix, l’homme-oiseau qu’Emile rencontre dans la forêt. L’acteur Tom Mercier se déplace avec la grâce guinchée de l’oiseau qu’il est en train de devenir et ses vocalises claquantes et venteuses rappellent que sa transformation va bien au-delà de son extérieur. La performance de Kirscher est tout aussi louable, ses mouvements et bruits subtils et animaux révélant la créature qu’il deviendra un jour.

Un père qui apprend à laisser grandir son fils

StudioCanal

Malgré son univers fantastique, Le Règne Animal reste relativement ancré dans la nouvelle petite vie de François et Émile. Ce n’est pas un film sur ce que le monde est devenu, mais plutôt sur les défis liés à l’éducation d’un enfant au cours d’une transformation mondiale aussi intense et inconnaissable. La force du film dans cet aspect repose sur les performances de Romain Duris et Paul Kirscher, qui remplissent tous deux de manière convaincante leurs rôles de François émotionnellement endommagé et d’Émile timidement craintif mais excité.

Derrière la philosophie tranquille du premier sur les créatures se cache une incertitude, qui se manifeste dans la disparité entre ses paroles et ses actions. Il ne croit pas que les médecins fassent du bien, mais son désespoir de revenir à la vie avant la mutation l’oblige à céder à leur autorité. Les croyances de François à propos des créatures sont encore plus mises à l’épreuve lorsqu’Émile commence à se transformer.

Sa peur de perdre son fils et son seul lien avec sa femme poussent l’homme à forcer son fils à se cacher. C’est un témoignage de la performance de Duris que sa réaction alors qu’il tente de forcer le côté animal du garçon à se baisser ne se manifeste pas comme du dégoût, mais comme une véritable peur de ce qu’il pourrait perdre. Il y a une tendresse dans la performance qui transmet l’alchimie entre Duris et Kirscher en tant que duo père-fils qui fonde cette histoire par ailleurs fantastique.

Le règne animal n’est pas assez grand pour raconter pleinement l’histoire de ses personnages

StudioCanal

Il ne reste plus que Julia, la policière qui se connecte avec François après la disparition de Lana et des autres créatures. Elle offre à François un point de connexion supplémentaire dont il a désespérément besoin alors que son fils s’éloigne de lui, et ses luttes internes avec l’éthique et l’efficacité de son travail sont un bon contrepoids au machisme des militaires qui tentent de contenir les créatures en tous les moyens nécessaires.

Adele Exarchopoulos fait cela extrêmement bien, c’est pourquoi il est un peu frustrant de ne pas en savoir plus sur Julia et son histoire dans The Animal Kingdom. Son rôle se réduit forcément à son lien avec François, mais il aurait été sympa de voir Julia en dehors de cette dynamique, de la voir interroger plus profondément sa complicité dans ce système inhumain.

L’accent mis sur la majorité d’Emile et sa relation avec son père entrave également le récit de The Animal Kingdom. En se concentrant autant sur ces deux-là, la fin du film semble un peu précipitée et conventionnelle, avec une foule de justiciers alimentés par la peur et désireux de tuer Emile et ses semblables à vue après un incident survenu lors du festival annuel de la Saint-Jean.

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Ce n’est pas que cela n’arriverait pas, mais plutôt que son exécution narrative ressemble à une excuse pour se diriger vers une conclusion passionnante plutôt que comme une conclusion dans laquelle François a le choix quant à l’avenir de son fils. Le père bruyant de René Char doit finalement faire le choix qu’il fera, de peur de devenir un personnage complètement différent de celui vu dans le reste du film.

Tout cela pour dire que The Animal Kingdom souffre le plus de ne pas avoir l’espace nécessaire pour raconter l’histoire lente qu’il souhaite. En raison de la fin de l’histoire, le film semble un peu trop long ; mais, étant donné l’histoire et les métaphores que le film vise clairement, il semble que The Animal Kingdom aurait pu bénéficier d’un format différent comme une mini-série, peut-être. Ici, les arcs de personnages pourraient être plus longs et plus définis, les ramifications sociales plus larges de la mutation explorées en leur sein, et la fin ne ressemblerait pas à un virage vers un spectacle passionnant.

Le règne animal s’intéresse à l’histoire, pas au genre

StudioCanal

Le Règne Animal se présente comme un thriller, une aventure tendue qui oppose François et Émile à la cruauté du monde, mais le film apparaît davantage comme une histoire de passage à l’âge adulte parsemée de simples moments de cette cruauté – qu’il s’agisse de l’ignorance haineuse. de l’humanité ou la façon dont l’univers remet en question nos choix et nos croyances. Les moments les plus horribles (notamment la prise de conscience par Émile de ce qui arrive à son corps) sont suffisamment utiles, mais ils pourraient être plus serrés pour rendre cette horreur plus palpable.

Même les scènes de poursuite finales du film ne véhiculent pas le genre de terreur ou de sensations fortes auxquelles on pourrait s’attendre. Imprégnée d’un sentiment d’émerveillement face au nouveau pouvoir d’Emile, la menace de la foule en colère et des militaires n’a jamais l’impression de pouvoir réellement atteindre l’adolescent. Ce n’est pas que tout cela soit une mauvaise chose – en fait, cela joue en faveur du message empathique du film – mais plutôt que les téléspectateurs entrant dans The Animal Kingdom en s’attendant à un thriller pourraient être déçus.

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L’humanité doit s’adapter à la nouvelle normalité

StudioCanal

Dans l’ensemble, The Animal Kingdom est une magnifique introspection sur notre monde en évolution, les choix que nous faisons et les personnes que nous devenons en temps de crise. Il nous demande de réfléchir à l’altérité et aux divisions arbitraires que nous créons pour nous séparer. Écrit avant la pandémie de COVID-19, le film s’en trouve néanmoins enrichi et par le besoin évolutif de comprendre la façon dont nous traitons les autres quand on a l’impression que le monde s’effondre. Les performances sont de premier ordre, les effets et les lieux sublimes dans leur beauté et leur terreur, et l’histoire est une belle réflexion sur le passage à l’âge adulte dans une nouvelle normalité bizarre. Il ne s’agit pas du thriller promis par son marketing, mais plutôt de la quête d’un père qui apprend à laisser son fils trébucher et finalement s’épanouir dans un monde que peu de gens se sentent prêts à accepter pleinement.

De Magnolia Pictures, The Animal Kingdom sort en salles le 15 mars.

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