Prince of Persia revient dans un Metroidvania vif et captivant

Prince of Persia revient dans un Metroidvania vif et captivant


Le retour d’une icône sous un nouveau jour

Si autrefois les aventures du Prince of Persia captivaient tant qu’elles ont été portées sur grand écran, la saga a connu une éclipse notable depuis sa dernière apparition majeure en 2010 avec Les Sables Oubliés. L’échappée cinématographique de Jake Gyllenhaal n’a pas réussi à raviver la flamme, laissant les fans dans l’attente d’une résurrection digne de ce nom. Un projet de remake s’était esquissé avant d’être récemment reconduit à l’ordre du jour, semant l’espoir d’un renouveau tant espéré.

L’histoire se poursuit avec Prince of Persia : La Couronne Perdue, qui propose une approche fraîche à l’une des franchises phares d’Ubisoft. Ce soft reboot, discret et modeste, rend hommage aux tout premiers pas de la prince, remontant à la version originale de 1989, et sert de piqûre de rappel à une génération qui aurait omis l’existence même de cette série. Au cœur de cette stratégie resurgit une question cruciale : le Prince de Perse peut-il toujours séduire le cœur des joueurs contemporains ? Alors que Ubisoft teste discrètement les eaux pour mesurer la ferveur de ses anciens aficionados, ils explorent également l’adaptation de thèmes traditionnels moyen-orientaux et d’aventures aux relents coloniaux à l’ère moderne.

Attendu pour le 18 janvier 2024 sur plusieurs plateformes, de la Switch à la nouvelle génération de consoles, Prince of Persia : La Couronne Perdue se présente comme un Metroidvania dynamique et immersif signé Ubisoft Montpellier, célèbre entre autres pour l’illustre Rayman. Après avoir parcouru ce préambule vidéo-ludique le temps de quelques heures, le constat est là : le Prince n’est pas à l’affiche de cette dernière mouture.

Une franchise renouvelée, un héros inédit

Cette décision audacieuse d’Ubisoft Montpellier d’évincer le Prince de cette nouvelle aventure pourrait laisser pantois. Pourtant, malgré l’absence du protagoniste charismatique, le nouveau héros Sargon, tiré de la légende des sept guerriers immortels perses, adopte une allure rappelant les incarnations antérieures du Prince – coiffure moderne et torse nu inclus – mais ne s’en revendique pas moins distinct.

La quête de Sargon, en dépit d’arômes vidéoludiques déjà éprouvés – dociles jeunes hommes en quête d’héroïsme – s’avère légèrement inférieure à l’idéalisme romantique des précédentes itérations du Prince. L’intrigue de La Couronne Perdue, centrée sur la libération du Prince Ghassan, capturé en pleines tourmentes de guerre, peine à totalement captiver, malgré un effort notable d’Ubisoft Montpellier pour enrichir un univers déjà fortement ancré dans les mythes perses. Les joueurs curieux pourront même expérimenter le dialogue en langue farsi, un effort louable d’authenticité et d’immersion.

Les mécaniques de jeu de La Couronne Perdue surfent en revanche sur des flots beaucoup plus rassurants. L’expertise de Mounir Radi et son équipe en matière de plateformes 2D acérées et novatrices se manifeste pleinement ici, où le principe de combat est mis en exergue avec des enchaînements de mouvements offensifs et défensifs à assimiler et à maîtriser dans l’arène du jeu.

Un dédale Metroidvania où se redéfinit une saga

Plus qu’un simple jeu de combat ou d’acrobaties, La Couronne Perdue déploie un univers Metroidvania labyrinthique, où la découverte se fait non linéairement, sollicitant l’exploration et la redécouverte de lieux avec un attachement grandissant. L’esprit de Prince of Persia s’immisce lentement mais sûrement dans les artères d’un Metroidvania où chaque lieu emblématique révèle son identité propre.

Dans cet éden virtuel où le Prince de jadis semble avoir cédé le trône, la série retrouve peu à peu ses lettres de noblesse. En attendant son retour triomphal, Prince of Persia : La Couronne Perdue poursuit le legs with brio, invitant les joueurs à redécouvrir une légende dans un format renouvelé et des plus entraînants.

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