Les frères luttent contre la pauvreté et l'itinérance

Les frères luttent contre la pauvreté et l’itinérance

Un jeune homme a du mal à prendre soin de son frère ayant une déficience intellectuelle après la mystérieuse disparition de ses parents. Comment j’ai appris à voler est un voyage déchirant à travers la pauvreté et l’impuissance. Vous sympathisez avec leur désespoir écrasant alors que des protagonistes désespérés passent entre les mailles du filet et sombrent dans l’indigence. Le message du film a du mérite et illustre de graves échecs sociétaux, mais vire malheureusement au mélodrame lent. Comment j’ai appris à voler ne se remet jamais d’un premier acte goutte à goutte de mélasse, d’un montage étrange et d’une partition lamentable qui amplifie un récit déjà déprimant.

Daniel Davis (Marcus Scribner) se réveille d’un cauchemar. Il s’effondre vers sa perte. Eli, son frère autiste et frêle de 14 ans, dort dans le lit à côté de lui. Daniel panique en se souvenant des fragments d’une violente rencontre dans la cuisine. Il a un flash-back momentané de moments plus heureux. Leur mère, Dorothee (Crystal Bush), rit en fumant une cigarette. Eli se joint à ses réjouissances malgré la présence de Cliff (Method Man), un mari et père violent qui les a tous terrifiés.

Louis (Cédric l’Amuseur), un gentil voisin d’à côté, interroge Daniel sur sa mère. Il n’a pas vu Dorothy depuis des lustres. Daniel détourne ses questions et court vers le bus. Leur vieille voiture délabrée reste cassée dans l’allée. Daniel travaille sans relâche comme lave-vaisselle. Il gratte secrètement les restes de nourriture dans des boîtes à emporter. Les frères restent assis en silence tout en partageant les maigres restes. Daniel demande à Eli s’il a pris une douche aujourd’hui.

Une mystérieuse disparition

Mouvement cinématographique

Daniel reçoit un appel de son conseiller de lycée (Remy O’Brien). Il a peut-être la chance d’aller à l’université, mais elle doit parler à sa mère. Où est Dorothée ? Pourquoi n’a-t-elle pas rappelé ? Eli s’inquiète également pour sa mère. Il laisse des messages bégayants sur son téléphone dans l’espoir d’une réponse. Daniel refuse de lui dire où elle est allée ni pourquoi. Il prévient son frère qu’ils n’ont que l’un l’autre. Eli sera placé en famille d’accueil si les autorités découvrent que leurs parents sont partis.

Les efforts de Daniel pour garder leur maison se heurtent à un mur de briques. Les utilitaires sont désactivés. Eli trouve un avis d’expulsion agrafé à la porte. Ils n’ont plus de meubles à vendre à louer. Les cauchemars de Daniel continuent. Louis peut dire que quelque chose ne va pas, mais Daniel n’est pas franc. Les frères reçoivent un petit rayon de soleil lorsqu’Eli répare la voiture. Il a appris en regardant YouTube. Le véhicule est un dernier recours. Daniel et Eli n’ont nulle part où aller.

Comment j’ai appris à voler passe sa première heure à établir une situation désastreuse et le lien indissoluble entre les frères. Les scènes de Daniel essayant de communiquer et de prendre soin d’Eli sont déchirantes. Eli sent parce qu’il ne veut pas se laver. Les coups et les mauvais traitements infligés à son père ont eu lieu dans la baignoire. Daniel écrit sur le plafond de leur chambre les règles qu’Eli doit suivre. Allez à l’école, faites vos devoirs et ne volez pas, pour n’en nommer que quelques-uns. Cette dernière situation devient de plus en plus difficile à mesure que les frères meurent de faim. Eli, qui est victime d’intimidation par les enfants du quartier, vole les courses pour se nourrir. Il est perdu en lui-même et incapable de gérer l’absence de sa mère. Daniel est au bord de l’effondrement émotionnel alors que les fardeaux le rattrapent.

Le dernier recours

Le scénariste/réalisateur Simon Steuri emploie la main lourde dans son premier long métrage. Il n’y a aucun moyen de passer sous silence la situation difficile des frères. Il les accable volontairement de chagrin et de tragédie pour renforcer leur vie en ruine. La méthodologie de Steuri est comprise mais son exécution est beaucoup trop longue. Cela revient à enfoncer un clou à plusieurs reprises jusqu’à ce que le bois soit cassé. Le public finit par devenir insensible aux assauts du chagrin.

Le scénario de Steuri et les personnages secondaires perdent beaucoup de vigueur à mesure que l’intrigue elle-même prend forme. Louis, qui figure en bonne place au début, disparaît de l’histoire. Ce virage n’a pas de sens. Il se soucie des frères, leur propose de la nourriture, des paroles aimables, mais ne fait rien lorsqu’ils sont expulsés. Cela met à rude épreuve la crédulité qu’ils puissent être jetés si facilement sur le trottoir sans une reconnaissance extérieure de ce qui s’est passé. Louis pose une fois des questions sur Dorothée et n’en parle plus jamais. Un voisin inquiet ne laisserait jamais passer une femme disparue, surtout s’il connaît également l’histoire de son père.

Comment j’ai appris à voler des puzzles avec des choix d’édition étranges et des angles de caméra biaisés. Steuri tente de créer un style visuel déséquilibré et troublant, l’hypothèse étant de voir le monde à travers les yeux de Daniel et Eli. Ils marchent sur une corde raide, affamés et perdus dans un brouillard mélancolique. Cela aurait pu fonctionner si le piano jazz lent et l’accompagnement vocal lamentable n’étaient pas si désagréables. Les choix techniques et artistiques s’ajoutent à une expérience parfois déconcertante qui aggrave un rythme déjà lent.

Les enfants vivant dans des voitures, fouillant dans les poubelles et se baignant dans les toilettes publiques ne sont pas un fantasme hollywoodien. Le sans-abrisme sévit dans ce pays. Des millions de personnes travaillent quotidiennement pour gagner un salaire d’esclave et n’ont pas les moyens de se loger ou de se nourrir de base. Steuri va certes trop loin dans sa prestation, mais mérite d’être félicité pour avoir abordé des thèmes difficiles.

Comment j’ai appris à voler est une production de Silent R Management. Il est actuellement en sortie en salles limitée par Film Movement.

Publications similaires