Le scénario de « May December » : Influence et inspiration de l’éternel
Sommaire
Éclairage sur l’affaire Mary Kay Letourneau
L’affaire Mary Kay Letourneau a ouvert la voie à une « parade sans fin des vrais crimes que nous avons actuellement », selon le scénariste Samy Burch, dans une déclaration accordée au magazine Jolie Bobine. Cette affaire, ayant défrayé la chronique dans les années 1990, a joué un rôle de précurseur pour le film « May December » de Todd Haynes.
Le concept de « film à clé »
Le « film à clé » le plus emblématique de l’histoire du cinéma est « Citizen Kane », où le réalisateur Orson Welles a habilement représenté le magnat William Randolph Hearst à travers un drame fictif. Cette technique fascine le public en permettant aux spectateurs de relier les détails de la vie réelle à l’histoire racontée. « Primary Colors » et « Le diable s’habille en Prada » sont des exemples plus récents de cette forme artistique.
Le film « May December », bien que moins cinglant en tant que « film à clé », est tout aussi profondément enraciné dans la réalité. Mettant en vedette Julianne Moore et Charles Melton, le film explore la vie d’un couple de Géorgie, évoluant dans une relation marquée par une différence d’âge significative, perturbée par l’arrivée d’une actrice (Natalie Portman) choisie pour incarner le rôle de l’épouse dans une adaptation cinématographique de leur histoire.
Parallèle avec l’affaire Mary Kay Letourneau
Le scénario de Samy Burch, parsemé d’influences de l’affaire Mary Kay Letourneau et Vili Fualaau, offre une vision réfléchie de cet épisode médiatique des années 1990. Letourneau, une enseignante mariée condamnée pour une relation avec Fualaau lorsqu’il avait 12 ans, a eu deux enfants avec lui et s’est mariée par la suite. Dans « May December », Moore et Melton, malgré leurs 30 ans d’écart, interprètent Gracie et Joe, dont l’histoire romancée se déroule dans le contexte de la fin d’année scolaire de leurs plus jeunes jumeaux.
Réflexions sur l’éternel et l’inspiration
En revisitant l’affaire Letourneau pour l’écriture de « May December », Samy Burch a été frappée par le fait que les enfants du couple auraient l’âge d’aller à l’université aujourd’hui. Cette réflexion l’a amenée à explorer la notion d’un couple qui, à l’aube de la cinquantaine et sans enfants à charge, se trouve confronté au silence pesant de leur foyer. Cette observation a jeté les bases du développement de l’histoire du film.
Le scénario de « May December » est donc le fruit de cette réflexion profonde, offrant une perspective captivante sur les rouages complexes des relations humaines, au-delà du simple écart d’âge.
May December : le film qui revisite un scandale des années 90
Le film « May December » offre une perspective intéressante sur le battage médiatique autour des affaires criminelles authentiques, mettant en lumière l’appétit insatiable du public pour des récits sensationnels, que ce soit à travers des podcasts, des séries en streaming ou des films. En se concentrant sur le personnage de Joe Yoo, interprété par Melton de la série « Riverdale », le réalisateur s’est plongé dans les répercussions de l’affaire Lefounreau, offrant ainsi une vision différente de l’affaire réelle.

Insights sur la culture des tabloïds des années 90
Le scénario de « May December » offre une occasion d’examiner de près la culture des tabloïds des années 90 et de mettre en lumière la manière dont ce moment s’est transformé en un défilé interminable de vrais crimes dans la société actuelle. Joe Yoo, un jeune mari avec une famille, se trouve au centre de l’histoire, confronté aux répercussions de sa jeunesse marquée par la médiatisation intense de l’affaire Lefounreau.
Une exploration nuancée des médias
Le film plonge les spectateurs dans l’univers des magazines people, des téléfilms et des journaux, offrant des fragments et des indices sur la frénésie médiatique qui a entouré l’affaire. Cette plongée dans l’univers médiatique de l’époque se révèle être une véritable fouille archéologique, offrant des clés pour comprendre l’impact de la médiatisation à outrance sur la vie de Joe Yoo.
Une vision personnelle et captivante
Jenny Burch, la réalisatrice, explique : « Si j’ai vu Joe arriver à ce moment précis de sa vie, au moment où le film commence, c’est en partie parce qu’il n’a jamais été en mesure d’assimiler ce qui lui est arrivé dans sa jeunesse ou cette deuxième flèche de la frénésie médiatique qui a suivi. Et il est difficile de dire combien de dommages supplémentaires cela a pu causer ». Le film offre ainsi une perspective personnelle et captivante sur les conséquences de la médiatisation excessive sur la vie d’un individu.
Cet article sur « May December » a été publié pour la première fois dans le numéro « Race Begins » du magazine Jolie Bobine.
Pour en savoir plus sur le numéro « Race Begins », cliquez ici.








