Le réalisateur de "Godland" déclare que le fait d'avoir maintenu une production "discrète et artisanale" a permis de conserver un "sentiment d'époque".

Le réalisateur de « Godland » déclare que le fait d’avoir maintenu une production « discrète et artisanale » a permis de conserver un « sentiment d’époque ».


À la découverte des secrets de fabrication d’un film historique

Plongeant son auditoire dans l’univers austère de l’Islande de la fin du XIXe siècle, « Godland » est une œuvre cinématographique qui met en lumière le voyage d’un jeune prêtre danois. Armé de sa foi et de son appareil photographique, il est chargé de la lourde tâche d’établir une paroisse dans un environnement aussi magnifique que hostile. Les obstacles naturels et les épreuves qui jalonneront son périple seront l’occasion de capturer de précieuses images, témoins de cette époque révolue.

Une nomination aux Oscars pour l’Islande

Narrant cette épopée humaine et spirituelle, « Godland » a été choisi pour représenter l’Islande dans la prestigieuse course à l’Oscar du meilleur long métrage international. Une sélection qui témoigne de la reconnaissance de son audace cinématographique, l’Islande n’ayant été mise à l’honneur qu’une fois dans le passé avec « Les enfants de la nature ».

Fiction ou réalité ? La genèse inspirée d’une œuvre trompeuse

Le cinéaste Hlynur Pálmason joue d’emblée avec la frontière entre réalité et fiction, dévoilant dans un carton-titre initial une histoire d’images anciennes retrouvées, qui s’avéreront n’être que des artifices narratifs. Ce choix audacieux suscite l’interrogation et installe le spectateur dans une atmosphère où légendes et faits historiques se confondent astucieusement.

La recherche d’une authenticité historique

Pour recréer l’authenticité de cette Islande du passé, Pálmason s’est plongé dans des récits de voyageurs et des correspondances de l’époque. Loin de chercher une reproduction exacte, il imprègne son film d’un réalisme teinté de modernité, facilitant ainsi l’immersion du spectateur dans une épopée empreinte d’une humanité intemporelle.

Faire face aux éléments : un tournage éprouvant

Dans des conditions à la fois exigeantes et dangereuses, le tournage a mobilisé toute l’attention de l’équipe pour garantir la sécurité. Ce contexte a favorisé la création d’une « famille » de tournage soudée, où la simplicité et l’esprit d’équipe ont pallié l’absence de confort et les difficultés inhérentes à la réalisation en décors naturels.

Un format d’image hommage à la photographie ancienne

La collaboration entre Pálmason et la directrice de la photographie, Maria von Hausswolff, a donné naissance à des images qui rendent hommage au format carré des vieilles photographies, enrichissant le film d’une esthétique particulière et d’un sentiment de vérité saisissant.

La photogénie de l’ancien temps réveillée

Les photographies visibles dans le film ne relèvent pas de la simple reconstitution : elles ont été réalisées avec l’authentique procédé de la plaque humide, plongeant ainsi encore plus profondément dans l’univers de la photographie ancienne et ses charmes ensorcelants.

La réalité brute de la nature islandaise

Une des scènes les plus poignantes du film, celle d’un cheval en décomposition, n’est pas le fruit d’effets spéciaux mais bien du travail investi par Pálmason, qui a patiemment capturé le processus naturel pendant trois ans, insufflant au film un souffle de réalisme brut et mélancolique.

« Godland » se révèle ainsi comme un projet cinématographique authentique et intime, représentatif de la passion de son créateur pour l’histoire, la photographie, et le pouvoir évocateur d’un paysage qui reste à jamais gravé dans la pellicule.

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