La bande-annonce de « Megalopolis » fait réagir les critiques sur les films passés de Francis Ford Coppola

La bande-annonce de « Megalopolis » fait réagir les critiques sur les films passés de Francis Ford Coppola

Ces critiques accablantes sur les premiers films du cinéaste semblent être fabriquées

Le long-métrage de Francis Ford Coppola, « Megalopolis », sort enfin en salles le mois prochain. Une nouvelle bande-annonce, diffusée plus tôt mercredi par Lionsgate, adopte une approche plus agressive du marketing du film.

Au début de la vidéo, des citations de critiques de chefs-d'œuvre de Coppola comme « Apocalypse Now » et « Le Parrain » défilent à l'écran. C'est une façon de devancer la réaction divisée suscitée par « Megalopolis », qui a laissé les critiques perplexes lors de sa projection à Cannes cette année. C'est aussi assez drôle. Le seul problème… comme l'a souligné le critique du New York Magazine Bilge Ebiri, ces citations sont toutes inventées.

La question demeure : que s’est-il passé exactement ? (Lionsgate n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaire.)

Le directeur de la photographie canadien Devan Scott a émis l'hypothèse sur X (anciennement Twitter) qu'un stagiaire en marketing avait demandé à un chatbot IA des « critiques contemporaines négatives sur Le Parrain ». Les citations utilisées dans la bande-annonce auraient pu être celles générées par le chatbot et personne n'a vérifié.

Ce qui rend cette erreur si évidente, c'est que Lionsgate aurait probablement pu inventer des citations et les transmettre au Kansas City Star ou au San Antonio Express News et personne n'y aurait prêté attention, mais le fait qu'ils aient invoqué des critiques légendaires (et facilement vérifiables) comme Pauline Kael et Andrew Sarris, « deux des plus grands noms de la critique cinématographique » (comme l'a dit Ebiri), semble étrange et inutile.

Kael, pour sa part, a adoré « Le Parrain ». Sa première phrase dit : « S’il y a jamais eu un bon exemple de la façon dont les meilleurs films populaires naissent d’une fusion du commerce et de l’art, c’est bien Le Parrain. » Nulle part la phrase qui lui est attribuée (« diminuée par son côté artistique ») n’apparaît dans sa critique – d’aucun des volets du « Parrain ». Idem pour la citation de Sarris (« un film bâclé et complaisant »), qui n’apparaît pas non plus dans sa critique originale du « Parrain ». Roger Ebert a surtout aimé « Dracula de Bram Stoker », ce qui, comme l’a noté Ebiri, était rare à l’époque. Même les citations qui correspondent au sentiment original du critique (comme Rex Reed méprisant « Apocalypse Now ») sont encore entièrement inventées.

Ce n’est pas la première fois qu’un studio se permet de fausser les propos d’un critique de cinéma. Au début des années 2000, Sony a été arrêté pour avoir inventé un critique nommé David Manning, qui aurait écrit pour un vrai journal – The Ridgefield Press, un petit journal de banlieue du Connecticut. Cette débâcle s’est terminée par un règlement à l’amiable, Sony acceptant de payer 5 dollars à ceux qui ont vu l’un des films soutenus par Manning (y compris « A Knight’s Tale », « The Animal » et « Hollow Man »). C’était à peu près à l’époque où il a été révélé que des employés de Sony s’étaient fait passer pour des spectateurs ordinaires lors d’une publicité télévisée pour « The Patriot ».

Quoi qu’il en soit, « Megalopolis » sort en salles le 27 septembre.

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