Fantasia 2023: New Life, The Sacrifice Game, Home Invasion | Festivals & Awards
« New Life », qui a eu sa première mondiale hier soir à Fantasia, commence par une série d’images saisissantes : une femme avec du sang sur le visage, se frayant un chemin dans un quartier calme. Son nom est Janey (joué par Hayley Erin), et elle est désespérément pressée de quelque chose. Nous avons alors une idée de qui la poursuit : une femme plus âgée nommée Elsa (Sonya Walger). Dans les premières scènes que nous passons avec elle, Elsa prend des médicaments avec une arme à feu placée à proximité, en écoutant « Like a Rolling Stone » de Bob Dylan. Son corps montre des signes précoces de SLA. Elle parle avec une femme sur Zoom qui lui raconte à quel point l’expérience est comme être piégée dans son propre corps. C’est aussi une façon de découvrir la force de l’esprit humain. C’est un passage émouvant et un sentiment important. Mais pourquoi le regardons-nous dans un film de chasse?
Le film maigre (mais jamais méchant) de 80 minutes ajoute plus de bizarrerie à son casting, qui est pertinent mais non dit. Les gens dans les quartiers de communication top secrets entourés d’ordinateurs, à la recherche de Janey… ils ont l’air très… ordinaires. Âge, corpulence, coiffure, etc. Ce n’est en aucun cas votre contrôle de mission conventionnel. Mais « New Life » continue. Ça rapporte tellement bien.
Bien qu’il ait deux arcs de personnages construits d’une immédiateté mystérieuse, « New Life » est principalement motivé par les émotions et nos observations des heures d’Elsa et Janey. Elsa suit les indices des dernières apparitions de Janey, tout en luttant avec la mobilité. Pendant ce temps, Janey rencontre un couple de fermiers qui lui donnent le petit-déjeuner et l’aident à la conduire plus au nord. On attend toujours un accroc à son voyage pour s’évader, une sorte de réinvention. Peut-être que parfois, il n’y a que des gens gentils.
Juste au bon point de rupture, l’histoire de Rosman jette son horreur sans abandonner sa perspective essentielle sur l’humanité, son doigt sur le pouls faiblissant de l’Amérique ou ses gangbusters arpentant. C’est une légère triche de narration dans la mesure où nous en apprenons plus sur ce qui se passe que Janey ne le sait, mais cela rend le film plus horrifiant et engageant pour nous alors que nous embrassons Janey et ressentons pour elle. Placer des «gens ordinaires» dans ce thriller sans méfiance s’avère être l’une des façons réfléchies et audacieuses par lesquelles Rosman nous aspire dans son histoire et ses enjeux supposés hors du commun. Tout fonctionne à tour de rôle – les rythmes qui suivent sont convenablement effrayants, moralement compliqués et humains. Alors que la portée initiale du film de Janey et Elsa continue de dézoomer, nous ne connaissons tous que trop bien l’horreur traumatisante de « New Life ». Et nous ressentons pour notre héros une profondeur que les thrillers d’action n’ont jamais connue. Quel délice, quelle découverte.







