Critique de 40 Acres : ce drame familial sombre et violent se déroulant dans un futur proche est en réalité…
40 Acres commence à la ferme Freeman. Une attaque contre la ferme et ses occupants est sur le point de se produire, mais un petit groupe puissant parvient à arrêter les assaillants et à s'assurer qu'ils ne reviennent jamais. Ici, nous rencontrons Hailey (Danielle Deadwyler), une ancienne soldate qui a formé sa famille, qui comprend son partenaire Galen (Michael Greyeyes) et leurs quatre enfants, dont l'aîné est son fils Emmanuel (Kateem O'Connor). Les Freeman sont fidèles à leurs valeurs, protègent leur terre, s'entraînent pour survivre et n'oublient jamais leur histoire respective en tant que famille mixte noire et autochtone.
Le film du scénariste et réalisateur RT Thorne se déroule dans un futur proche, alors que la décimation des animaux perturbe la chaîne alimentaire et que la pénurie alimentaire rend l'humanité folle. Les terres agricoles sont désormais la marchandise la plus précieuse que l'on puisse posséder. Les enjeux sont donc incroyablement élevés pour les Freeman, en particulier pour Hailey, qui comprend parfaitement à quel point il est essentiel pour elle et sa famille de défendre leur propriété et, par extension, leur vie.
Sommaire
40 Acres présente une superbe Danielle Deadwyler
Le reste du casting du film est excellent et a une excellente alchimie
Danielle Deadwyler est une force avec laquelle il faut compter ici, car elle joue le rôle d'une soldate robuste, directe et pragmatique. Elle n'a pas de temps à perdre ; nous le savons par la dureté de sa voix, ses mouvements efficaces et son regard d'acier. Elle est toujours en état d'alerte, et vous savez très bien pourquoi, avant même que Thorne ne tire le rideau pour nous donner l'histoire récente de Hailey, qui la pousse à être qui elle est aujourd'hui.
Je ne vois pas comment quelqu'un d'autre aurait pu jouer ce rôle comme Deadwyler ; elle ne rejette pas la douceur et l'affection de Hailey pour sa famille.
Le scénario et la performance de Deadwyler nous donnent suffisamment de preuves pour reconnaître que Hailey voit tout à travers le prisme de l'expérience noire. Pourtant, la motivation la plus palpable est son désir de faire de son mieux en tant que mère qui protège sa famille. Je ne vois pas comment quelqu'un d'autre aurait pu jouer ce rôle comme Deadwyler ; elle ne se défait pas de la douceur et de l'affection de Hailey pour sa famille. Ce n'est pas le stéréotype du « personnage féminin fort » – elle a de multiples facettes.
L'ensemble des personnages de 40 Acres est excellent, l'alchimie est palpable et il est facile de s'enraciner dans ces personnages. Michael Greyeyes joue un personnage expressément conçu pour mettre en valeur sa personnalité dynamique. Contrairement à Hailey, Galen est un peu plus détendu, presque déconcerté par la façon dont les choses se passent. L'un des thèmes centraux du travail de Greyeyes a été de mettre en valeur l'intégrité des histoires autochtones, il est donc réconfortant de voir Galen exprimer son désir de transmettre la langue de ses ancêtres et leur mode de vie, en particulier dans une réalité où l'humanité a été mise à l'épreuve.
40 Acres raconte une histoire difficile (mais jamais trop lourde)
Bien que le film comporte des scènes et des sujets assez lourds, il est également amusant. La séquence d'ouverture est passionnante ; de nombreux moments humoristiques ajoutent de la légèreté à la situation désastreuse. Les personnages ont une excellente alchimie, et même si les plus jeunes membres du casting sont un peu inexpérimentés, leur enthousiasme pour le projet transparaît. Il y a de nombreux moments époustouflants où nous sommes vraiment en phase avec le film. Un bon signe que j'ai aimé 40 Acres est que j'ai pensé que cela pourrait être une série télévisée. Je voulais rester avec ces personnages et le monde dans lequel ils habitent.
L'histoire tourne principalement autour de la relation de Hailey avec son fils Manny, qui traverse un moment de passage à l'âge adulte qui le met en désaccord avec les règles strictes de Hailey. J'ai apprécié que le film soit centré sur la famille car c'est l'un de ses plus grands atouts. Un danger imminent menace la ferme Freeman. Pourtant, au lieu de perdre du temps à construire le fil conducteur, à créer un contraste avec les Freeman pour construire une épopée morale du bien contre le mal, Thorne opte pour un récit plus intime se déroulant dans le contexte de cette rencontre violente.
40 Acres est un drame familial solide teinté de commentaires sociaux et d’action. Throne sait équilibrer les thèmes contemporains de l’identité noire et autochtone dans un espace colonial, le concept de reconquête et la défense des terres ancestrales. L’histoire montre à nouveau sa vilaine tête, mais avec les personnes historiquement marginalisées en position défensive sur leurs terres agricoles respectives, c’était un concept passionnant à digérer. En fin de compte, le film contient des moments et des thèmes sincères, et bien que sombre et violent, c’est, en fin de compte, une histoire édifiante sur la famille, l’héritage et l’espoir.
40 Acres a été présenté en première au Festival international du film de Toronto 2024. Le film dure 108 minutes et n'est pas encore classé.







