Cours, Lola, cours : un film, 3 possibilités
Sorti en 1998 sur les écrans, Cours, Lola, cours, est un thriller haletant suivant les péripéties d’une
jeune femme prête à tous les sacrifices pour sauver son petit ami. Si le film s’est fait remarquer à
l’époque, c’est pour son concept novateur.
Le réalisateur, Tom Tykwer, a choisi de traiter l’histoire en trois scenarios possibles selon les choix
et les rencontres de Lola, l’héroïne. Visuellement rythmé, original, énergique, il a reçu de nombreux
prix et a connu un succès retentissant. Focus sur un film atypique qui n’a pas fini de faire parler de
lui.
Sommaire
Le pitch
Lola, jeune femme aux cheveux rouges, vit à Berlin, précisément dans le quartier de Mitte en plein
centre. Manni, son petit ami, doit remettre 100 000 Deutsche Mark (eh oui, l’euro n’était pas encore
arrivé) à une bande de trafiquants. Les deux protagonistes se sont donné rendez-vous,
malheureusement Lola s’est fait voler son scooter. Et Manni qui décide de prendre le métro oublie le
sac dans lequel l’argent était entassé. Il téléphone à Lola pour qu’elle l’aide à le tirer de cette
mauvaise affaire. Ils ont 20 minutes pour trouver 100 000 Mark !
Si ce film est devenu culte, c’est pour de multiples raisons. La boucle scénaristique est rarement
exploitée à ce niveau. À partir du pitch principal, l’histoire est traitée 3 fois sous 3 angles différents
en revenant au point de départ, ce qui est plutôt original. L’autre grande scène du film est celle de la
troisième version. Les fans de casino en ligne rêvent de faire ce qu’elle fait. Mais dans l’idée de ne
pas spoiler, aucune autre information ne sera révélée ici.
Les personnages
Le titre reflète parfaitement ce qui se passe à l’écran. Lola cours en permanence parce qu’elle n’a
que 20 minutes pour aider son copain. Et quand elle fait une pause, le film continue dans le même
esprit en s’inspirant des clips vidéo très en vogue à l’époque. La musique techno omniprésente, mais
pas gênante donne le tempo y compris pendant les séquences où le film se transforme en dessin
animé.
Lola
Peu de choses sont révélées sur Lola, le film ne s’attache pas à développer une intrigue
psychologique. Dans la première boucle, on apprend que son père est banquier puisqu’elle décide
d’aller lui demander de l’aide. Le reste du scénario ne révèlera rien de plus sur Lola. En revanche, la
troisième boucle la montre plus combative, capable de prendre des risques et de contrôler son
destin. Elle montre aussi que le hasard et la chance jouent un rôle important et que le moindre
détail peut changer le cours d’une vie. Le personnage principal le plus déterminé et le plus fort, c’est
elle !
Franka Potente
Inconnue en France, Franka Potente est une actrice allemande qui a étudié à l’art dramatique à
Munich et à New York. C’est précisément ce film qui va lui apporter une notoriété internationale.
Au moment du tournage, elle a déjà 23 ans mais en parait beaucoup moins. Un tel succès en
Allemagne lui ouvre les portes d’Hollywood. En 2001, elle tourne dans Blow au coté de Johnny Depp
et plus tard avec Matt Damon dans La Mémoire dans la Peau et La Mort dans la Peau. En 2016, elle
rejoint le casting de Conjuring 2 : Le Cas Enfield, un film sur les phénomènes paranormaux.
Manni
Le moins que l’on puisse dire, c’est que Manni n’a pas le beau rôle dans ce film. Il ne parait pas très
fûté et semble davantage subir les évènements que les contrôler. Dans la première boucle, il prend
le métro et oublie l’argent. Clairement, ce n’est pas lui le héros. En revanche, il semble prêt à tout
pour rendre les 100 000 Deutsche Mark et se débarrasser du problème quitte à prendre des risques
pouvant influencer le reste de sa vie entière. Une chose est sûre, il aime vraiment Lola et ne veut pas
qu’elle se sacrifie à sa place même s’il lui demande de l’aider.
Moritz Beibtreu
Enfant de la balle puisque ses parents étaient eux-mêmes acteurs, il a étudié l’art dramatique à
Paris, Rome et New-York avant de se produire au théâtre. Il enchaine des rôles au cinéma et à la
télévision notamment dans une série et obtient une récompense en 1997 pour le film Paradis
Express dans lequel il incarne un serial killer démoniaque. Le public étranger le découvre dans Cours,
Lola, cours, ce qui lui permet de poursuivre sa carrière en Allemagne et en France.
Les critiques et les prix
Globalement positive ! Bien qu’il s’inspire d’un autre film Un Jour Sans Fin pour l’idée de la boucle
temporelle, il s’en éloigne sur la forme. Les performances des deux acteurs ont été notamment
saluées, surtout pour Lola qui a mis beaucoup de son énergie dans le rôle.
S’agissant des prix, le film a été salué en Allemagne et a reçu le prix du meilleur film, meilleur
réalisateur, meilleur second rôle féminin, meilleur second rôle masculin, prix du public et meilleure
actrice. À l’international, il a été récompensé par le Grand Prix du Festival du film fantastique
d’Avoriaz, le Prix du public au Festival de Sundance et le Prix du meilleur film étranger aux British
Independent Film Awards.
Cours, Lola, cours est un petit budget puisqu’il n’a couté moins de 2 millions $ et en a rapporté plus
de 14, ce qui fait de lui un des meilleurs rapports coût de production/rentabilité du cinéma. Comme
quoi, un petit film sans prétention peut faire un carton, à condition de soigner son scénario et sa
forme visuelle.







