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Cannes 2024: Ghost Trail, Block Pass | Festivals & Awards

Face aux moteurs à régime constant et au mouvement propulsif de la scène française du motocross, le premier long métrage d'Antoine Chevrollier, « Block Pass », est une histoire poignante et douloureuse de passage à l'âge adulte sur deux jeunes hommes dont l'amitié est mise à l'épreuve par des circonstances qui compliquent leur vie. une banlieue rurale française.

Le mécanicien Willy (Sayyid El Alami) et le pilote de motocross Jojo (Amaury Foucher) atteignent ce point dans leur adolescence, avec les examens finaux à venir, où les choses commencent à changer. Habitués à passer des journées sur le terrain d'entraînement de La Pampa que leurs pères ont fondé ensemble et à passer leurs nuits avec des amis qui n'ont que peu d'ambitions à part tirer avec des armes à feu et se faufiler dans la piscine locale, Willy et Jojo sont également liés par les fardeaux qu'ils ont portés. à supporter au début de l’âge adulte. Toujours en deuil après la mort de son père dix ans auparavant, Willy a du mal à accepter que sa mère (Florence Janas) soit prête à partir avec son nouveau petit ami (Mathieu Demy). Jojo est gay, bien qu'il cache ce fait à son père (Damien Bonnard), qui se consacre à le préparer à remporter un titre de champion.

Bien sûr, le secret de Jojo finit par être révélé, et Chevrollier (qui a écrit le scénario avec Bérénice Bocquillon et Faiza Guene) est sans équivoque dans son portrait de la manière dont les préjugés d'une petite ville peuvent infliger des dommages irréversibles à l'estime de soi d'un jeune. Au lendemain de cette douloureuse révélation, « Block Pass » semble quelque peu à la dérive, prenant moins de vitesse qu’il ne le devrait alors que Willy se retrouve pris entre la course sur la piste et le tracé d’un chemin moins fixe.

Il y a deux ans, « Rodéo » de Lola Quivoron envahissait la section Un Certain Regard de Cannes et remportait son prix « Coup de Cœur » ; situé dans la culture urbaine du motocross en France, il a utilisé les environnements adrénalisés et riches en testostérone de la scène comme toile de fond pour le rite de passage allégorique de sa protagoniste féminine. Le film de Chevrollier constitue un double programme stimulant avec « Rodeo », capturant l'énergie masculine du motocross comme un exutoire à l'abandon de la jeunesse qui peut tout aussi rapidement devenir fatal ou contraignant. El Alami et Foucher, dans des performances charismatiques, incarnent cette contradiction sans que leurs personnages se sentent moins qu'authentiques dans leur volonté commune et autodestructrice de se rebeller.

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