Les lauréats iraniens des Oscars appellent à une action militaire américaine : « une responsabilité morale » | Chronique des invités
Hossein Molayemi et Shirin Sohani affirment que « le peuple iranien ne peut pas démanteler seul un régime qui a rendu impossible un changement pacifique »
Ce qui se passe actuellement en Iran ne peut être réduit aux gros titres ou aux statistiques. Il s’agit d’une tragédie nationale qui se déroule sous le silence forcé.
Dans tout le pays, des civils non armés sont descendus dans la rue pour réclamer dignité, liberté et survie. Ils sont confrontés à des massacres systématiques et massifs : tirs à balles réelles sur la foule, personnes abattues sur les places publiques et corps disparaissant dans le noir. Internet et les lignes téléphoniques sont délibérément coupés afin que les familles ne puissent pas se joindre et que le monde ne puisse pas être témoin de l'ampleur du massacre.
Malgré ce black-out, des rapports crédibles en Iran indiquent qu’au moins 12 000 personnes ont déjà été tuées dans les rues. Le nombre réel est probablement bien plus élevé. Le régime dissimule les cadavres, intimide les familles et falsifie les registres. Il ne s’agit pas uniquement de répression. C'est une extermination.
Le peuple iranien ne revendique pas seulement les droits humains fondamentaux. Ils luttent désespérément pour survivre. Des décennies de corruption, d'incompétence, d'ambitions nucléaires obsessionnelles du régime et d'isolement international ont fait chuter le revenu mensuel moyen à environ 100-150 dollars. Les familles n’ont pas les moyens d’acheter de la nourriture, des médicaments ou un abri. La pauvreté n’est plus accidentelle, elle est structurelle.
Depuis près d’un demi-siècle, un régime illégitime et violent tient l’Iran en otage par la peur, les exécutions et la ruine économique. Toutes les voies pacifiques de réforme ont été bloquées. Les protestations reçoivent des balles. Le peuple est désarmé, épuisé et pourtant ininterrompu. Ils ne demandent pas de réformes cosmétiques. Ils exigent la fin du système lui-même.
Dans le même temps, la fausse opposition du régime – ses alliés de facto – a infiltré les principaux médias internationaux, travaillant de manière agressive pour contrôler le discours. Ils appellent à l’inaction. Ils insistent sur le fait qu’une intervention internationale n’est pas nécessaire. Ils réduisent délibérément les revendications du peuple iranien à des questions telles que les lois sur le hijab ou les droits limités des femmes, tout en censurant la vérité : il s'agit d'une révolution nationale contre l'ensemble de la structure dirigeante.
Les observations sur le terrain suggèrent qu’une nette et écrasante majorité d’Iraniens ont déjà fait leur choix. Dans les villes du pays, devant de grandes foules, ils scandent ouvertement le nom du prince héritier Reza Pahlavi comme leur chef chargé de guider la période de transition. Depuis des années, certains tentent d’effacer cette réalité en imposant des chiffres artificiels, en fragmentant les dirigeants et en affaiblissant le mouvement, car un peuple uni avec une alternative claire terrifie le régime.
Personne n’apprécie une intervention militaire étrangère dans son pays. Mais lorsqu’un État mène une guerre contre son propre peuple, lorsque les massacres deviennent une politique et lorsque les civils se retrouvent sans défense, la non-intervention n’est plus de la neutralité : c’est de la complicité. L’intervention militaire internationale n’est pas seulement une nécessité ; c'est une responsabilité morale. Sans un soutien mondial décisif, le peuple iranien ne peut pas démanteler un régime qui a rendu impossible un changement pacifique.
Il s’agit d’un moment rare et fragile dans l’histoire – une ouverture qui ne se reproduira peut-être pas avant des générations.
Le silence permet les atrocités. L'attention sauve des vies.
Sous le regard du monde entier, il devient plus difficile pour ce régime de tuer dans le noir. C’est pourquoi la couverture médiatique est importante. C’est pourquoi les artistes, les journalistes, les personnalités publiques, les organisations de défense des droits de l’homme, les institutions culturelles et les gouvernements doivent parler – et agir – maintenant.
Nous devons veiller à ce que l’histoire ne montre pas qu’au XXIe siècle, l’humanité a détourné le regard tandis qu’une nation pacifique était écrasée en silence.
C'est un test de conscience.
C’est le moment.
Maintenant – ou peut-être jamais.
Hossein Molayemi et Shirin Sohani ont remporté l’Oscar du meilleur court métrage d’animation en 2023 pour leur projet « À l’ombre du cyprès ».







