La fin que nous commençons par l’examen
Dans un monde bouleversé par des cataclysmes environnementaux, « The End We Start From » nous plonge dans l’intimité d’une jeune mère et de son nouveau-né. À contre-courant des épopées survitaminées, le récit prend le parti d’explorer la survie par le prisme de la féminité, sans artifices héroïques. L’absence de scènes d’action trépidantes et la prévisibilité de l’intrigue peuvent atténuer l’intérêt, néanmoins, la dimension émotionnelle liée aux personnages captive l’attention.
À Londres, une future mère, simplement désignée par « Mère », s’apprête à donner naissance en pleine tempête. Alors que la ville sombre sous le déluge, elle se voit contrainte d’accoucher en pleine urgence. Son compagnon, R, parvient à rejoindre l’hôpital ou la famille connaîtra un bref interlude de bonheur. Cependant, la dégradation des conditions de vie les pousse à quitter cette précaire sécurité pour la campagne anglaise, en quête d’un refuge.
L’épreuve de la survie à travers des yeux maternels
Le périple de « Mère » et sa famille se transforme en une lente et périlleuse migration. Barricades, inaccessibilité des secours, manque de ressources : le film dresse le tableau d’une Angleterre au bord du naufrage, où l’entraide familiale devient une nécessité vitale. Les liens sont soumis à l’épreuve du chaos, chacun tentant de protéger son propre avenir dans un pays réduit à ruins. La réalité brutale vient altérer les rôles convenus, révélant la fragilité du tissu social.
La mise en scène de Mahalia Belo insiste sur la dimension intérieure de « Mère », personnage-pivot du film. Face à l’adversité et à la dislocation des repères familiaux, elle doit puiser dans une force intérieure inébranlable. La réalité devient un combat non pas physique, mais émotionnel, où la simple quête d’un refuge prend des allures d’épopée.
La performance subtile de Jodie Comer
Au coeur de ce décor post-apocalyptique, une rencontre vient marquer un tournant : celle avec O, mère d’une jeune fille, qui devient une alliée précieuse. Leurs chemins, quoique différents, convergent vers une même nécessité : sauvegarder l’avenir de leurs enfants. Le duo esquisse un portrait de la solidarité féminine face au désastre, un thème peu exploré dans le cinéma de genre.
Jodie Comer brille par une prestation tout en nuances qui insuffle vitalité et humanité au personnage de « Mère ». Même en l’absence de grands discours, c’est par ses actes que le personnage transmet toute la complexité de la situation. Le film fait ainsi l’éloge d’un courage discret et déterminé plutôt que des démonstrations héroïques conventionnelles.
« The End We Start From » propose ainsi une perspective rafraîchissante sur l’effondrement civilisationnel. Le film, écartant délibérément les images sanglantes du désastre, choisit de se focaliser sur l’humanité persistante dans le chaos. Cette approche discrète mais percutante ouvre le débat sur ce qui fonde réellement notre essence humaine dans les périodes les plus sombres.
Produit par SunnyMarch, Hera Pictures, et d’autres, « The End We Start From » promet une sortie élargie au début de 2024, après une première limitée dans les salles américaines chez Republic Pictures et une mise en distribution par Signature Entertainment.







